J'ai témoigné ces deux dernières semaines au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie au procès contre Vojislav Seselj, en tant que témoin expert.
J'ai été effaré par la façon dont les médias serbes ont relaté mon témoignage.
De fait, le procès n'intéresse pas les médias qui se contentent de relayer des dépêches d'agences, et principalement celles de l'agence BETA présente au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie.
Cette agence n'a cessé ne diffuser des informations erronées me concernant sans jamais les corriger.
Selon BETA, et tous les quotidiens qui se sont appuyés sur les dépêches de cette agence, j'étais professeur à la Sorbonne alors que cela ne correspond pas du tout à la réalité. Ainsi, dans certains quotidiens, j'étais présenté comme "expert de la Sorbonne".
Ne parlons pas de Politika qui dans son édition du 30 janvier 2008 me présente comme "citoyen français d'origine croate", alors que je suis d'origine serbe.
Par ailleurs, les points de l'interrogatoire par l'accusation et du contre-interrogatoire par l'accusé présentés dans les médias n'étaient pas toujours, loin de là, les plus pertinents par rapport à l'ensemble des questions posées et du contenu des réponses.
12.2.08
3.1.08
Election présidentielle en Serbie, le 20 janvier 2008
La campagne présidentielle est désormais lancée.
La coalition gouvernementale est divisée : deux candidats la représentant, Boris Tadic d'une part, soutenu par le Parti démocrate et le G17 Plus, et Velimir Ilic d'autre part, appuyé par les partis Nouvelle Serbie et le Parti démocrate de Serbie (DSS) du premier ministre Vojislav Kostunica.
De fait, cette configuration est logique et est conforme aux deux pôles existants au sein de la coalition gouvernementale, l'un plus européen (Parti démocrate et G17 Plus) et l'autre beaucoup moins.
Vojislav Kostunica a indiqué jeudi 3 janvier 2008 dans une déclaration que "L'UE doit choisir si elle veut signer un Accord de stabilisation et d'association (ASA) avec la Serbie ou envoyer, sous la pression des Etats-Unis, une mission pour mettre en oeuvre une indépendance sous supervision du Kosovo, dérobant une partie du territoire de la Serbie". [Voir le site du gouvernement de Serbie : http://www.srbija.sr.gov.yu/vesti/vest.php?id=80964 (en serbe) ; http://www.srbija.sr.gov.yu/vesti/vest.php?id=42143 (en anglais)]
C'est donc à l'Union européenne de choisir : "Donc, le 28 janvier, l'UE choisit si elle veut participer au démembrement de la Serbie ou si elle veut signer l'Accord avec la Serbie en tant que partenaire. L'un exclut l'autre, de telle sorte que l'UE ne peut pas simultanément le 28 janvier découper la Serbie et avec une telle Serbie signer l'Accord".
Il s'agit de l'Accord de stabilisation et d'association (ASA) qui a pourtant déjà été paraphé par le gouvernement serbe alors que le texte prévoit clairement qu'il ne concerne pas le territoire du Kosovo.
Simple effet d'annonce à usage interne dans le contexte de la campagne électorale actuelle ou bien orientation politique clairement assumée? Selon moi, l'UE devrait davantage prendre au sérieux les propos de Vojislav Kostunica qui ne porte pas le monde occidental dans son coeur.
Cependant, le 20 janvier prochain, on verra ce que pèse réellement le Parti démocrate de Serbie à travers le résultat de Velimir Ilic.
Le candidat du Parti radical serbe, Tomislav Nikolic se voit déjà en grand vainqueur dès le premier tour.
A suivre ...
La coalition gouvernementale est divisée : deux candidats la représentant, Boris Tadic d'une part, soutenu par le Parti démocrate et le G17 Plus, et Velimir Ilic d'autre part, appuyé par les partis Nouvelle Serbie et le Parti démocrate de Serbie (DSS) du premier ministre Vojislav Kostunica.
De fait, cette configuration est logique et est conforme aux deux pôles existants au sein de la coalition gouvernementale, l'un plus européen (Parti démocrate et G17 Plus) et l'autre beaucoup moins.
Vojislav Kostunica a indiqué jeudi 3 janvier 2008 dans une déclaration que "L'UE doit choisir si elle veut signer un Accord de stabilisation et d'association (ASA) avec la Serbie ou envoyer, sous la pression des Etats-Unis, une mission pour mettre en oeuvre une indépendance sous supervision du Kosovo, dérobant une partie du territoire de la Serbie". [Voir le site du gouvernement de Serbie : http://www.srbija.sr.gov.yu/vesti/vest.php?id=80964 (en serbe) ; http://www.srbija.sr.gov.yu/vesti/vest.php?id=42143 (en anglais)]
C'est donc à l'Union européenne de choisir : "Donc, le 28 janvier, l'UE choisit si elle veut participer au démembrement de la Serbie ou si elle veut signer l'Accord avec la Serbie en tant que partenaire. L'un exclut l'autre, de telle sorte que l'UE ne peut pas simultanément le 28 janvier découper la Serbie et avec une telle Serbie signer l'Accord".
Il s'agit de l'Accord de stabilisation et d'association (ASA) qui a pourtant déjà été paraphé par le gouvernement serbe alors que le texte prévoit clairement qu'il ne concerne pas le territoire du Kosovo.
Simple effet d'annonce à usage interne dans le contexte de la campagne électorale actuelle ou bien orientation politique clairement assumée? Selon moi, l'UE devrait davantage prendre au sérieux les propos de Vojislav Kostunica qui ne porte pas le monde occidental dans son coeur.
Cependant, le 20 janvier prochain, on verra ce que pèse réellement le Parti démocrate de Serbie à travers le résultat de Velimir Ilic.
Le candidat du Parti radical serbe, Tomislav Nikolic se voit déjà en grand vainqueur dès le premier tour.
A suivre ...
27.12.07
La Serbie et l'Union européenne
L'assemblée nationale de Serbie a adopté hier, mercredi 26 décembre 2007, une nouvelle résolution sur le Kosovo et la Métochie (Kosovo i Metohija), répétant les positions bien connues des autorités de Belgrade opposées à l'indépendance du Kosovo.
Néanmoins, cette résolution comporte de nouveaux éléments qui auront des conséquences importantes sur les relations extérieures et le futur développement économique de la Serbie :
- l'assemblée a pris la décision de la neutralité militaire de la Serbie jusqu'à ce qu'une décision finale ne soit prise lors d'un référendum éventuel ; la Serbie était devenue membre du Partenariat pour la Paix (programme de l'OTAN) fin 2006 et avait entamé une réforme de ses forces armées selon les standards de l'OTAN.
- la Serbie ne pourra conclure des accords internationaux, y compris l'accord de stabilisation et d'association (ASA) avec l'UE, que si ceux-ci maintiennent la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Serbie.
De fait, l'adhésion de la Serbie à l'UE est remise en cause par les acteurs politiques serbes. En effet, l'ASA ne s'applique pas au Kosovo. Il a pourtant été paraphé par le gouvernement serbe le 6 novembre dernier à Bruxelles. Toute signature de l'ASA par le gouvernement serbe serait-elle donc illégale? C'est ce qu'affirment déjà les dirigeants du Parti radical serbe (SRS) et de Nouvelle Serbie (NS).
Aucun pays n'est obligé d'adhérer à l'Union européenne. Mais s'il le souhaite il est contraint effectivement d'harmoniser sa législation et son économie avec les règles en vigueur au sein de l'UE. En aucun cas, un pays candidat ne peut fixer ses propres conditions. L'UE peut se passer de la Serbie, mais l'inverse est-il envisageable? La Serbie peut-elle exister en tant qu'îlot isolé entouré de pays membres de l'UE sans voir son développement économique remis en cause? Début 2007, la Serbie avait reçu plus d'un milliard d'euros d'aide depuis 2001 de la part de l'UE (source : B92, 17.01.2007).
La campagne électorale actuelle devrait être l'occasion d'aborder les questions de fond quant aux relations que la Serbie souhaitent établir avec l'UE.
Une enquête conduite en décembre 2007 avant l'adoption de la dernière résolution sur le Kosovo par l'assemblée nationale montrait une nette différenciation entre les différents partis et leurs électeurs. Si les électeurs du Parti démocrate de Boris Tadic sont massivement en faveur e l'entrée de la Serbie dans l'UE (91,79%), les électeurs du Parti démocrate de Serbie (DSS) de Vojislav Kostunica et du Parti radical serbe (SRS) y sont nettement moins favorables : 59,84% et 48,94% respectivement (source : Politika, 19.12.2007). Ces derniers sont davantage favorables à des relations les plus étroites possibles avec la Russie : 73,39% des électeurs du DSS et 74,38% des électeurs du SRS.
Néanmoins, cette résolution comporte de nouveaux éléments qui auront des conséquences importantes sur les relations extérieures et le futur développement économique de la Serbie :
- l'assemblée a pris la décision de la neutralité militaire de la Serbie jusqu'à ce qu'une décision finale ne soit prise lors d'un référendum éventuel ; la Serbie était devenue membre du Partenariat pour la Paix (programme de l'OTAN) fin 2006 et avait entamé une réforme de ses forces armées selon les standards de l'OTAN.
- la Serbie ne pourra conclure des accords internationaux, y compris l'accord de stabilisation et d'association (ASA) avec l'UE, que si ceux-ci maintiennent la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Serbie.
De fait, l'adhésion de la Serbie à l'UE est remise en cause par les acteurs politiques serbes. En effet, l'ASA ne s'applique pas au Kosovo. Il a pourtant été paraphé par le gouvernement serbe le 6 novembre dernier à Bruxelles. Toute signature de l'ASA par le gouvernement serbe serait-elle donc illégale? C'est ce qu'affirment déjà les dirigeants du Parti radical serbe (SRS) et de Nouvelle Serbie (NS).
Aucun pays n'est obligé d'adhérer à l'Union européenne. Mais s'il le souhaite il est contraint effectivement d'harmoniser sa législation et son économie avec les règles en vigueur au sein de l'UE. En aucun cas, un pays candidat ne peut fixer ses propres conditions. L'UE peut se passer de la Serbie, mais l'inverse est-il envisageable? La Serbie peut-elle exister en tant qu'îlot isolé entouré de pays membres de l'UE sans voir son développement économique remis en cause? Début 2007, la Serbie avait reçu plus d'un milliard d'euros d'aide depuis 2001 de la part de l'UE (source : B92, 17.01.2007).
La campagne électorale actuelle devrait être l'occasion d'aborder les questions de fond quant aux relations que la Serbie souhaitent établir avec l'UE.
Une enquête conduite en décembre 2007 avant l'adoption de la dernière résolution sur le Kosovo par l'assemblée nationale montrait une nette différenciation entre les différents partis et leurs électeurs. Si les électeurs du Parti démocrate de Boris Tadic sont massivement en faveur e l'entrée de la Serbie dans l'UE (91,79%), les électeurs du Parti démocrate de Serbie (DSS) de Vojislav Kostunica et du Parti radical serbe (SRS) y sont nettement moins favorables : 59,84% et 48,94% respectivement (source : Politika, 19.12.2007). Ces derniers sont davantage favorables à des relations les plus étroites possibles avec la Russie : 73,39% des électeurs du DSS et 74,38% des électeurs du SRS.
18.11.07
Elections parlementaires et locales au Kosovo (17.11.2007)
Des élections pour renouveler le parlement du Kosovo se sont tenues samedi 17 novembre 2007.
Le Parti démocratique du Kosovo (PDK) dirigé par Hashim Thaçi arrive en tête du scrutin avec 35% des voix, la Ligue démocratique du Kosovo (LDK) ne recueillant que 22% des suffrages. La nouvelle formation politique du milliardaire suisso-kosovar, Beghet Pacolli, l'Alliance Kosovo Nouveau (AKR), se place en troisième position en obtenant 12% des voix. La coalition entre la Ligue démocratique de Dardanie et le Parti albanais démocrate-chrétien du Kosovo obtiennent 10% des suffrages, tandis que l'Alliance pour l'avenir du Kosovo dirigé par Ramush Haradinaj n'en récoltent que 9%. Le parti du journaliste, Veton Suroi, ne passe pas le seuil des 5% qui lui aurait permis de maintenir des élus à l'Assemblée du Kosovo. En effet, le parti réformiste ORA n'obtient que 4% des voix.
L'Assemblée du Kosovo compte 120 sièges, mais les élections ne portaient que sur 100 dans la mesure où 20 sièges sont réservés aux représentants des minorités nationales, dont 10 aux Serbes.
On note que le taux de participation a été faible : autour de 40%.
Les élections ont été par ailleurs boycottées par les Serbes.
Le Parti démocratique du Kosovo (PDK) dirigé par Hashim Thaçi arrive en tête du scrutin avec 35% des voix, la Ligue démocratique du Kosovo (LDK) ne recueillant que 22% des suffrages. La nouvelle formation politique du milliardaire suisso-kosovar, Beghet Pacolli, l'Alliance Kosovo Nouveau (AKR), se place en troisième position en obtenant 12% des voix. La coalition entre la Ligue démocratique de Dardanie et le Parti albanais démocrate-chrétien du Kosovo obtiennent 10% des suffrages, tandis que l'Alliance pour l'avenir du Kosovo dirigé par Ramush Haradinaj n'en récoltent que 9%. Le parti du journaliste, Veton Suroi, ne passe pas le seuil des 5% qui lui aurait permis de maintenir des élus à l'Assemblée du Kosovo. En effet, le parti réformiste ORA n'obtient que 4% des voix.
L'Assemblée du Kosovo compte 120 sièges, mais les élections ne portaient que sur 100 dans la mesure où 20 sièges sont réservés aux représentants des minorités nationales, dont 10 aux Serbes.
On note que le taux de participation a été faible : autour de 40%.
Les élections ont été par ailleurs boycottées par les Serbes.
2.11.07
Vieillissement de la population en Serbie
La Serbie perd 25 000 à 30 000 habitants chaque année, soit la population d'une ville moyenne du pays. Elle est l'un des pays les plus vieux d'Europe avec un âge moyen de 45,7 ans. Les personnes âgées de plus de 65 ans pourraient être majoritaires autour de 2025 (source : Blic, 03.10.2007; p. 11).
Le taux de fertilité des femmes est tombé à 1,45 en 2005, légèrement au dessus de la moyenne européenne (1,4) - source : Danas, 19.06.2007; p. 20 -. Il demeure néanmoins plus élevé que les taux enregistrés dans la plupart des pays voisins : 1,39 en Croatie, 1,38 en Bulgarie, 1,36 en Roumanie, 1,33 en Grèce (source : CIA World Factbook ).
Seules la Macédoine, la Bosnie-Herzégovine et l'Albanie connaissent des taux de fertilité supérieurs : respectivement 1,57, 1,71 et 2,04.
La situation est préoccupante et les réponses apportées par les autorités politiques tardent à venir, en particulier en matière de politique sociale d'aide aux jeunes ménages et parents de jeunes enfants.
Selon une étude réalisée par deux sociologues en 2003 ("Les jeunes perdus dans la transition"), Smiljka Tomanović et Suzana Ignjatović, 85% des jeunes âgés de 30 à 35 ans, habitent toujours chez leurs parents. Ces sociologues indiquent que le modèle culturel dominant où les parents prennent en charge les aspects matériels de la vie des jeunes ne conduit pas ces derniers à affronter les risques de plus en plus nombreux dans la société et à devenir des personnes responsables (NIN, 20.04.2006; p. 32).
Le taux de fertilité des femmes est tombé à 1,45 en 2005, légèrement au dessus de la moyenne européenne (1,4) - source : Danas, 19.06.2007; p. 20 -. Il demeure néanmoins plus élevé que les taux enregistrés dans la plupart des pays voisins : 1,39 en Croatie, 1,38 en Bulgarie, 1,36 en Roumanie, 1,33 en Grèce (source : CIA World Factbook ).
Seules la Macédoine, la Bosnie-Herzégovine et l'Albanie connaissent des taux de fertilité supérieurs : respectivement 1,57, 1,71 et 2,04.
La situation est préoccupante et les réponses apportées par les autorités politiques tardent à venir, en particulier en matière de politique sociale d'aide aux jeunes ménages et parents de jeunes enfants.
Selon une étude réalisée par deux sociologues en 2003 ("Les jeunes perdus dans la transition"), Smiljka Tomanović et Suzana Ignjatović, 85% des jeunes âgés de 30 à 35 ans, habitent toujours chez leurs parents. Ces sociologues indiquent que le modèle culturel dominant où les parents prennent en charge les aspects matériels de la vie des jeunes ne conduit pas ces derniers à affronter les risques de plus en plus nombreux dans la société et à devenir des personnes responsables (NIN, 20.04.2006; p. 32).
Equipement des ménages serbes en micro-informatique
Selon une enquête intitulée "L'utilisation des technologies de l'information et de la communication en Serbie - 2007", 34% des ménages possèdent un ordinateur, soit une augmentation de 7,5% par rapport à l'année 2006 (source : NIN, 11.10.2007; p. 35).
A titre de comparaison, en 2007, 42% des foyers français disposent d’un micro-ordinateur à leur domicile (Source : 01net.com). Mais la France est elle même en retard par rapport à d'autres pays : Etats-Unis, pays scandinaves, etc.
A titre de comparaison, en 2007, 42% des foyers français disposent d’un micro-ordinateur à leur domicile (Source : 01net.com). Mais la France est elle même en retard par rapport à d'autres pays : Etats-Unis, pays scandinaves, etc.
1.11.07
Grave crise politique ?
Alors que l'avenir du Kosovo est en discussion, la situation politique se dégrade en Bosnie-Herzégovine où les Serbes s'estiment lésés par les réformes institutionnelles imposées le 19 octobre dernier par le Haut représentant international, le slovaque Miroslav Lajcak. Ces réformes permettraient aux ministres bosniaques et croates du gouvernement fédéral d'adopter des projets de lois sans le consentement de leurs collègues serbes. Le Haut représentant n'ayant pas renoncé à son initiative, le chef du gouvernement fédéral, Nikola Spiric, représentant la Republika Srpska et dirigeant du Parti des sociaux-démocrates indépendants (SNSD) a remis jeudi 1er novembre sa démission. Cette situation a entraîné des tensions entre les dirigeants non-serbes de la Bosnie-Herzégovine et les autorités politiques de Serbie. Le chef du gouvernement serbe a appelé Miroslav Lajcak à démissionner le considérant responsable de la crise politique en Bosnie-Herzégovine.
Dans ce dernier pays, la coalition risque de se déchirer et de voler en éclats à cause de désaccords sur la tenue de l'élection présidentielle et des élections locales. Le parti du Premier ministre, Vojislav Kostunica, le Parti démocrate de Serbie (DSS) souhaite un report des élections tant que la question du statut du Kosovo n'est pas réglée, tandis que le Parti démocrate exige le respect de la loi constitutionnelle pour l'application de la constitution qui prévoit dans son article 3 que l'élection présidentielle soit convoquée avant le 31 décembre 2007.
La question du Kosovo à elle seule est porteuse de tensions, couplée à la crise politique en Bosnie-Herzégovine, le danger existe de voir les relations se dégrader entre les dirigeants serbes de Serbie et de Bosnie-Herzégovine et les représentants des grandes puissances occidentales, la Russie étant favorable aux prises de position serbes.
Dans ce dernier pays, la coalition risque de se déchirer et de voler en éclats à cause de désaccords sur la tenue de l'élection présidentielle et des élections locales. Le parti du Premier ministre, Vojislav Kostunica, le Parti démocrate de Serbie (DSS) souhaite un report des élections tant que la question du statut du Kosovo n'est pas réglée, tandis que le Parti démocrate exige le respect de la loi constitutionnelle pour l'application de la constitution qui prévoit dans son article 3 que l'élection présidentielle soit convoquée avant le 31 décembre 2007.
La question du Kosovo à elle seule est porteuse de tensions, couplée à la crise politique en Bosnie-Herzégovine, le danger existe de voir les relations se dégrader entre les dirigeants serbes de Serbie et de Bosnie-Herzégovine et les représentants des grandes puissances occidentales, la Russie étant favorable aux prises de position serbes.
7.9.07
Les citoyens serbes et le Kosovo
Selon une enquête réalisée en juin 2007 par le Centre pour les élections libres et la démocratie (CESID), 59% des citoyens considèrent que la priorité des autorités doit être le développement économique et 49% la baisse du chômage. Seuls 26% d'entre eux pensent que le maitien du Kosovo dans les frontières de la Serbie doit être la priorité du gouvernement.
Près de 70% des personnes interrogées ne souhaitent pas que la Serbie entre dans un conflit armé à cause du Kosovo. Seuls 12% sont prêts à en découdre : majoritairement des retraités et des femmes au foyer !
Néanmoins, 48% de personnes interrogées estiment que la Serbie devrait renoncer à adhérer à l'Union européenne pour préserver le Kosovo dans ses frontières et 39% d'entre elles pensent que la Serbie devrait rompre ses relations diplomatiques avec les pays qui reconnaîtraient unilatéralement l'indépendance du Kosovo.
Il semble donc y avoir un décalage entre les positions de la classe politique serbe et les attentes des citoyens.
Près de 70% des personnes interrogées ne souhaitent pas que la Serbie entre dans un conflit armé à cause du Kosovo. Seuls 12% sont prêts à en découdre : majoritairement des retraités et des femmes au foyer !
Néanmoins, 48% de personnes interrogées estiment que la Serbie devrait renoncer à adhérer à l'Union européenne pour préserver le Kosovo dans ses frontières et 39% d'entre elles pensent que la Serbie devrait rompre ses relations diplomatiques avec les pays qui reconnaîtraient unilatéralement l'indépendance du Kosovo.
Il semble donc y avoir un décalage entre les positions de la classe politique serbe et les attentes des citoyens.
3.7.07
La Serbie et la Russie
Dans une tribune parue dans Libération du 02.07.2007, Cedomir Nestorovic, professeur de géopolitique à l'ESSEC, laisse entendre que les élites politiques et les citoyens serbes seraient favorables à un fort rapprochement avec la Russie :
"La logique n’est pas la même, et il y a fort à parier que face à l’absence d’alternative proposée par l’Union européenne, l’opinion publique en Serbie et la majorité des forces politiques ne soient amenées à considérer de manière sérieuse la seconde option, un rapprochement rapide et substantiel avec la Russie."
Rien ne permet d'affirmer une telle chose, à moins de prendre ses désirs pour des réalités.
En effet, si le Parti radical serbe est prêt à faire de la Serbie une province de la Russie, les autres forces politiques, y compris les plus favorables à une forte coopération avec la Russie, n'ont pas adopté une position aussi extrême.
L'adhésion à l'Union européenne est l'un des principaux objectifs fixés par le gouvernement serbe. Il n'a jamais été question d'une intégration à la Russie.
Par ailleurs, l'opinion publique serbe n'a jamais soutenu un tel projet et a toujours massivement rejeté les projets de confédération d'Etats orthodoxes formulés sous le régime de Milosevic, en particulier par le Parti radical serbe.
Selon une enquête réalisée au printemps 2006, mais les chiffres n'ont guère évolué depuis plus d'une décennie, 64% des citoyens serbes sont favorables à ce que leur pays devienne membre de l'Union européenne. Par contre, ils ne sont que 31% à soutenir l'adhésion à l'OTAN.
Si Bozidar Djelic, mentionné par Cedomir Nestorovic, souhaite le maintien du Kosovo dans les frontières de la Serbie, il n'a jamais parlé d'une intégration de la Serbie à la Russie.
Il s'est distingué du premier ministre serbe, Vojislav Kostunica, en indiquant qu'en cas de reconnaissance unilatérale de l'indépendance du Kosovo, il ne fallait pas que la Serbie s'isole sur la scène internationale (Source : B92, 27.06.2007).
"La logique n’est pas la même, et il y a fort à parier que face à l’absence d’alternative proposée par l’Union européenne, l’opinion publique en Serbie et la majorité des forces politiques ne soient amenées à considérer de manière sérieuse la seconde option, un rapprochement rapide et substantiel avec la Russie."
Rien ne permet d'affirmer une telle chose, à moins de prendre ses désirs pour des réalités.
En effet, si le Parti radical serbe est prêt à faire de la Serbie une province de la Russie, les autres forces politiques, y compris les plus favorables à une forte coopération avec la Russie, n'ont pas adopté une position aussi extrême.
L'adhésion à l'Union européenne est l'un des principaux objectifs fixés par le gouvernement serbe. Il n'a jamais été question d'une intégration à la Russie.
Par ailleurs, l'opinion publique serbe n'a jamais soutenu un tel projet et a toujours massivement rejeté les projets de confédération d'Etats orthodoxes formulés sous le régime de Milosevic, en particulier par le Parti radical serbe.
Selon une enquête réalisée au printemps 2006, mais les chiffres n'ont guère évolué depuis plus d'une décennie, 64% des citoyens serbes sont favorables à ce que leur pays devienne membre de l'Union européenne. Par contre, ils ne sont que 31% à soutenir l'adhésion à l'OTAN.
Si Bozidar Djelic, mentionné par Cedomir Nestorovic, souhaite le maintien du Kosovo dans les frontières de la Serbie, il n'a jamais parlé d'une intégration de la Serbie à la Russie.
Il s'est distingué du premier ministre serbe, Vojislav Kostunica, en indiquant qu'en cas de reconnaissance unilatérale de l'indépendance du Kosovo, il ne fallait pas que la Serbie s'isole sur la scène internationale (Source : B92, 27.06.2007).
24.6.07
Victimes de la guerre en Bosnie-Herzégovine, 1992-1995
Toute personne s'intéressant à l'histoire de l'espace yougoslave découvre rapidement que la guerre des statistiques/chiffres est une dimension dans le combat que se livrent les historiographies nationales des pays concernés ou les historiens du dimanche originaires ou pas de la région. Les statistiques concernant les victimes de la Deuxième Guerre mondiale ont fait couler beaucoup d'encre. J'aurai l'occasion de revenir sur cette question.
Le Centre de recherche et de documentation de Sarajevo (IDC) dirigé par Mirsad Tokača travaille depuis plusieurs années à établir le nombre de victimes de la guerre en Bosnie-Herzégovine entre 1992 et 1995 afin d'empêcher toute manipulation avec les chiffres. Alors qu'il était courant dans les médias et parmi les chercheurs également de mentionner jusqu'à 200 000 victimes (je reconnais moi-même avoir utilisé ce chiffre), l'IDC arrive à un chiffre deux fois moins important : il recense 97 202 victimes dont la majorité sont des soldats (59,18%), les civils représentants 40,82% du total.
Les Bosniaques (Bošnjaci) comptent proportionnellement le plus grand nombre de victimes : 64 036 soit 65,88% du total. Les Serbes constituent le deuxième groupe avec 24 905 morts et disparus, soit 25,62%. Les victimes croates sont au nombre de 7 788, soit 8,01%.
Ces chiffres ont été mentionnés par Libération cette semaine (édition du 22.06.2007). Je ne suis pas certain que d'autres quotidiens français aient publié ce bilan.
Certains jubileront à parler de manipulation et de propagande (200 000 victimes), il n'en demeure pas moins que le nombre de victimes est élevé et que les Bosniaques ont été les principales victimes de ce conflit. Mais il vrai aussi qu'elles ne furent pas les seules comme certains ont essayé de nous le faire croire.
___________________________________________
Dépêche publié sur le site de la BBC le 21 juin 2007
Le Centre de recherche et de documentation de Sarajevo (IDC) dirigé par Mirsad Tokača travaille depuis plusieurs années à établir le nombre de victimes de la guerre en Bosnie-Herzégovine entre 1992 et 1995 afin d'empêcher toute manipulation avec les chiffres. Alors qu'il était courant dans les médias et parmi les chercheurs également de mentionner jusqu'à 200 000 victimes (je reconnais moi-même avoir utilisé ce chiffre), l'IDC arrive à un chiffre deux fois moins important : il recense 97 202 victimes dont la majorité sont des soldats (59,18%), les civils représentants 40,82% du total.
Les Bosniaques (Bošnjaci) comptent proportionnellement le plus grand nombre de victimes : 64 036 soit 65,88% du total. Les Serbes constituent le deuxième groupe avec 24 905 morts et disparus, soit 25,62%. Les victimes croates sont au nombre de 7 788, soit 8,01%.
Ces chiffres ont été mentionnés par Libération cette semaine (édition du 22.06.2007). Je ne suis pas certain que d'autres quotidiens français aient publié ce bilan.
Certains jubileront à parler de manipulation et de propagande (200 000 victimes), il n'en demeure pas moins que le nombre de victimes est élevé et que les Bosniaques ont été les principales victimes de ce conflit. Mais il vrai aussi qu'elles ne furent pas les seules comme certains ont essayé de nous le faire croire.
___________________________________________
Dépêche publié sur le site de la BBC le 21 juin 2007
9.5.07
La Serbie face à un tournant ?
Près de sept ans après la chute de Slobodan Milosevic, les forces nationalistes, modérées et moins modérées, ont l'occasion de prendre le pouvoir en Serbie.
Les négociations entre les forces dites réformatrices, Parti démocrate (DS), Parti démocrate de Serbie (DSS) et G17 plus, pour former un gouvernement de coalition n'ayant pas abouti faute d'accord sur la répartition des postes concernant l'appareil sécuritaire serbe (ministères de l'intérieur et de la défense, services de renseignements - BIA - ), le Parti démocrate de Serbie s'est orienté vers une entente avec le Parti radical serbe (SRS), parti nationaliste n'ayant pas renoncé à créer la Grande Serbie en rattachant à la Serbie des territoires de Bosnie-Herzégovine et de Croatie.
Le DSS a conclu un accord avec le SRS pour constituer l'Assemblée de Serbie, élire son président et ses vice-présidents. Depuis hier, Tomislav Nikolic, vice-président du SRS est le président de l'Assemblée de Serbie.
La session de l'assemblée, ouverte le lundi 7 mai 2007, a été caractérisée par de nombreuses invectives entre députés des différents bords rappelant les pires années de l'ère Milosevic.
La question posée est celle de savoir s'il s'agit d'un premier vers la constitution d'un gouvernement unissant le DSS, le SRS et éventuellement le Parti socialiste de Serbie.
Une entente entre le DS et le DSS apparaît difficile à envisager d'ici le 14 mai, date limite pour former un gouvernement.
Les négociations entre les forces dites réformatrices, Parti démocrate (DS), Parti démocrate de Serbie (DSS) et G17 plus, pour former un gouvernement de coalition n'ayant pas abouti faute d'accord sur la répartition des postes concernant l'appareil sécuritaire serbe (ministères de l'intérieur et de la défense, services de renseignements - BIA - ), le Parti démocrate de Serbie s'est orienté vers une entente avec le Parti radical serbe (SRS), parti nationaliste n'ayant pas renoncé à créer la Grande Serbie en rattachant à la Serbie des territoires de Bosnie-Herzégovine et de Croatie.
Le DSS a conclu un accord avec le SRS pour constituer l'Assemblée de Serbie, élire son président et ses vice-présidents. Depuis hier, Tomislav Nikolic, vice-président du SRS est le président de l'Assemblée de Serbie.
La session de l'assemblée, ouverte le lundi 7 mai 2007, a été caractérisée par de nombreuses invectives entre députés des différents bords rappelant les pires années de l'ère Milosevic.
La question posée est celle de savoir s'il s'agit d'un premier vers la constitution d'un gouvernement unissant le DSS, le SRS et éventuellement le Parti socialiste de Serbie.
Une entente entre le DS et le DSS apparaît difficile à envisager d'ici le 14 mai, date limite pour former un gouvernement.
27.2.07
Les citoyens de Serbie attendent la formation du nouveau gouvernement
Les autorités serbes ne semblent pas être pressées de former le nouveau gouvernement devant refléter la nouvelle composition de l'assemblée issue des élections du 21 janvier 2007.
L'assemblée a été constituée le 14 février. Selon la constitution, les autorités disposent de 90 jours pour former le nouveau gouvernement une fois le parlement constitué. Ce qui nous mène jusqu'à la mi-mai.
Pendant ce temps, un gouvernement qui a perdu la légitimité démocratique est encore aux afffaires. Son chef prétend désormais conduire un gouvernement technique, mais cela ne l'empêche de faire approuver par la nouvelle assemblée une déclaration sur le Kosovo. Il avait refusé d'accueillir le représentant de l'ONU, Martti Ahtisaari, prétextant que son gouvernement ne faisait que gérer les affaires courantes, en aucun cas les questions aussi importantes que celle du futur statut du Kosovo. Il s'est contredit quelque jours plus tard.
Les négociations sérieuses entre les trois formations susceptibles de former un gouvernement, le Parti démocrate (DS), le Parti démocrate de Serbie (DSS) et le G17 Plus, n'ont toujours pas commencé. La bataille est âpre, semble-t-il, pour le poste de premier ministre que se disputent DS et DSS, ainsi que pour le contrôle des services de sécurité : ministère de l'intérieur et ministère de la défense.
L'assemblée a été constituée le 14 février. Selon la constitution, les autorités disposent de 90 jours pour former le nouveau gouvernement une fois le parlement constitué. Ce qui nous mène jusqu'à la mi-mai.
Pendant ce temps, un gouvernement qui a perdu la légitimité démocratique est encore aux afffaires. Son chef prétend désormais conduire un gouvernement technique, mais cela ne l'empêche de faire approuver par la nouvelle assemblée une déclaration sur le Kosovo. Il avait refusé d'accueillir le représentant de l'ONU, Martti Ahtisaari, prétextant que son gouvernement ne faisait que gérer les affaires courantes, en aucun cas les questions aussi importantes que celle du futur statut du Kosovo. Il s'est contredit quelque jours plus tard.
Les négociations sérieuses entre les trois formations susceptibles de former un gouvernement, le Parti démocrate (DS), le Parti démocrate de Serbie (DSS) et le G17 Plus, n'ont toujours pas commencé. La bataille est âpre, semble-t-il, pour le poste de premier ministre que se disputent DS et DSS, ainsi que pour le contrôle des services de sécurité : ministère de l'intérieur et ministère de la défense.
31.1.07
Analyse des résultats des élections législatives en Serbie (21.01.2007)
Comme en 2003, le Parti radical serbe (SRS) est arrivé en tête. Avec 1 152 105 voix (soit 28,59% des suffrages). Le SRS améliore son score de décembre 2003 (1 056 256 ; 27,8%) en obtenant 95 849 voix de plus. Il se rapproche ainsi de ses meilleurs scores atteints au cours des années 1990. Le SRS ne souhaitant pas gouverner, cela lui donne juste un pouvoir de nuisance à l'Assemblée nationale de Serbie avec 81 députés sur 250.
Le Parti démocrate (DS) en obtenant 915 014 suffrages (soit 22,71%) améliore sensiblement son score précédent (481 289 ; 12,6%). Il s'agit de son meilleur résultat depuis 1990.
Le Parti démocrate de Serbie (DSS), associé à la formation politique Nouvelle Serbie (NS) subit un léger recul avec 666 889 voix contre 678 031 en décembre 2003.
L'électorat du G17 Plus a fondu en l'espace de trois ans, ses dirigeants ayant perdu de leur crédibilité en coopérant au gouvernement de Vojislav Kostunica qui ne s'est maintenu au pouvoir qu'avec le soutien du Parti socialiste de Serbie (SPS), ancien parti dominant : 274 874 voix contre 438 422 en 2003.
Le Parti socialiste de Serbie poursuit son déclin : il n'obtient que 227 304 voix contre 291 341 voix en 2003. Au cours des années 1990, il pouvait compter sur le soutien de 1 500 000 électeurs environ.
Outre le retour des élus des formations politiques représentant les minorités nationales, la surprise vient de l'entrée au parlement de la coalition créee autour du Parti libéral-démocrate (LDP) présidé par Cedomir Jovanovic. Ce parti est le produit d'une scission au sein du Parti démocrate et s'inscrit dans l'héritage de l'opposition au régime de Slobodan Milosevic et du travail réformateur de Zoran Djindjic, chef du gouvernement entre 2001 et 2003. Cette coalition obtient 214 028 suffrages.
Le taux de participation a été plus élevé en janvier 2006 qu'en décembre 2003 : 60,56% contre 58,75%.
Le Parti démocrate (DS) en obtenant 915 014 suffrages (soit 22,71%) améliore sensiblement son score précédent (481 289 ; 12,6%). Il s'agit de son meilleur résultat depuis 1990.
Le Parti démocrate de Serbie (DSS), associé à la formation politique Nouvelle Serbie (NS) subit un léger recul avec 666 889 voix contre 678 031 en décembre 2003.
L'électorat du G17 Plus a fondu en l'espace de trois ans, ses dirigeants ayant perdu de leur crédibilité en coopérant au gouvernement de Vojislav Kostunica qui ne s'est maintenu au pouvoir qu'avec le soutien du Parti socialiste de Serbie (SPS), ancien parti dominant : 274 874 voix contre 438 422 en 2003.
Le Parti socialiste de Serbie poursuit son déclin : il n'obtient que 227 304 voix contre 291 341 voix en 2003. Au cours des années 1990, il pouvait compter sur le soutien de 1 500 000 électeurs environ.
Outre le retour des élus des formations politiques représentant les minorités nationales, la surprise vient de l'entrée au parlement de la coalition créee autour du Parti libéral-démocrate (LDP) présidé par Cedomir Jovanovic. Ce parti est le produit d'une scission au sein du Parti démocrate et s'inscrit dans l'héritage de l'opposition au régime de Slobodan Milosevic et du travail réformateur de Zoran Djindjic, chef du gouvernement entre 2001 et 2003. Cette coalition obtient 214 028 suffrages.
Le taux de participation a été plus élevé en janvier 2006 qu'en décembre 2003 : 60,56% contre 58,75%.
19.1.07
Elections législatives en Serbie le 21 janvier 2007
Dimanche 21 janvier 2007, 6 652 105 citoyens auront la possibilité d'aller voter pour l'une des vingt listes en concurrence.
Une nouvelle fois, le taux de participation risque de ne pas dépasser les 60%. Il était de 53% lors du dernier référendum sur la constitution. L'abstention concerne surtout les partis du camp démocratique, l'électorat du Parti radical serbe (SRS) et du Parti socialiste serbe (SPS) se mobilisant davantage et êtant plus stable et sûr.
L'enjeu est de savoir qui arrivera en tête du Parti radical serbe et du Parti démocrate. Les radicaux semblent être en perte de vitesse. Quand bien même ils obtiendraient le plus grand nombre de mandats, ils disposent d'une marge de manoeuvre très limitée pour former un gouvernement de coalition. La formation du gouvernement reviendra probablement au Parti démocrate du président Boris Tadic qui a désigné Bozidar Djelic comme futur premier ministre.
Une large coalition du "camp démocratique" pourrait être formée, associant au Parti démocrate, le Parti démocrate de Serbie de Vojislav kostunica et le G17 Plus. Une autre option serait la constitution d'une coalition entre le Parti démocrate, le G17 Plus et la coalition sociale-démocrate fondée autour du Parti démocrate libéral (LDP). Cette dernière pourrait créer la surprise en entrant au parlement. Cette coalition gouvernementale pourrait être soutenue par les partis des minorités nationales.
Rien n'est donc fixé. La formation du gouvernement sera probablement rendue difficile par l'annonce de la solution retenue pour le statut du Kosovo au cours de la semaine suivant les élections.
Une nouvelle fois, le taux de participation risque de ne pas dépasser les 60%. Il était de 53% lors du dernier référendum sur la constitution. L'abstention concerne surtout les partis du camp démocratique, l'électorat du Parti radical serbe (SRS) et du Parti socialiste serbe (SPS) se mobilisant davantage et êtant plus stable et sûr.
L'enjeu est de savoir qui arrivera en tête du Parti radical serbe et du Parti démocrate. Les radicaux semblent être en perte de vitesse. Quand bien même ils obtiendraient le plus grand nombre de mandats, ils disposent d'une marge de manoeuvre très limitée pour former un gouvernement de coalition. La formation du gouvernement reviendra probablement au Parti démocrate du président Boris Tadic qui a désigné Bozidar Djelic comme futur premier ministre.
Une large coalition du "camp démocratique" pourrait être formée, associant au Parti démocrate, le Parti démocrate de Serbie de Vojislav kostunica et le G17 Plus. Une autre option serait la constitution d'une coalition entre le Parti démocrate, le G17 Plus et la coalition sociale-démocrate fondée autour du Parti démocrate libéral (LDP). Cette dernière pourrait créer la surprise en entrant au parlement. Cette coalition gouvernementale pourrait être soutenue par les partis des minorités nationales.
Rien n'est donc fixé. La formation du gouvernement sera probablement rendue difficile par l'annonce de la solution retenue pour le statut du Kosovo au cours de la semaine suivant les élections.
6.11.06
Les citoyens serbes majoritairement en faveur de l'adhésion à l'UE
Malgré sa politique de conditionnalité menée à l'encontre de la Serbie, l'UE garde la cote parmi les citoyens de Serbie. En effet, 70% d'entre eux sont favorables à l'entrée de leur pays dans l'Union européenne selon une enquête réalisée pour le gouvernement serbe. Seuls 12% des personnes interrogées se déclarent opposées à une telle perspective. Néanmoins, une bonne partie d'entre elles ne sont pas au courant des détails du processus d'adhésion : 44% des sondés ne savent pas que les négociations entre la Serbie et l'UE ont été suspendues dans la mesure où Ratko Mladic n'a toujours pas été livré au TPIY.
L'enquête révèle par ailleurs que 80% des citoyens n'ont pas voyagé à l'étranger au cours de la dernière année. Ceux qui ont eu l'occasion de sortir des frontières du pays se sont rendus principalement dans les pays limitrophes : Autriche, Hongrie, Monténégro, Grèce. Seuls 2% ont voyagé en France et en Espagne.
L'enquête révèle par ailleurs que 80% des citoyens n'ont pas voyagé à l'étranger au cours de la dernière année. Ceux qui ont eu l'occasion de sortir des frontières du pays se sont rendus principalement dans les pays limitrophes : Autriche, Hongrie, Monténégro, Grèce. Seuls 2% ont voyagé en France et en Espagne.
4.11.06
L'avenir européen des Balkans occidentaux remis en cause
D'un côté l'on ne cesse de répéter que l'avenir des Balkans occidentaux est dans l'Union européenne, de l'autre côté les signes se multiplient annonçant une perspective d'adhésion lointaine, non seulement pour la Croatie et la Macédoine, pays candidats officiels à l'adhésion, mais aussi pour la Serbie, la Bosnie-Herzégovine et l'Albanie.
L'UE semble désormais s'orienter vers une pause et n'intégrera pas de nouveaux membres pendant une période de cinq à six ans. Ce temps devrait permettre à l'UE de se doter d'un traité constitutionnel et de mieux "digérer" les dernières adhésions de la Roumanie et de la Bulgarie, pays jugés faibles à bien des égards et ne répondant pas à l'ensemble des critères attendus.
L'écart entre le discours des officiels de l'UE et la réalité se creuse davantage. Envisager l'adhésion des Balkans occidentaux comme celle des pays baltes est une erreur d'appréciation sérieuse. L'enjeu n'est pas du tout le même. Il s'agit d'ancrer les pays de l'ancienne Yougoslavie et l'Albanie dans la démocratie et d'éviter un retour des violences interethniques. Or, la perspective européenne est le meilleur moyen d'y parvenir quand bien même tout n'est pas parfait dans cette union.
La carotte de l'adhésion proposée aux gouvernements des Balkans occidentaux n'est qu'illusion. Illusion qui pourrait coûter plus cher demain qu'aujourd'hui.
A ce propos : EU to disappoint Balkan hopefuls (BBC)
L'UE semble désormais s'orienter vers une pause et n'intégrera pas de nouveaux membres pendant une période de cinq à six ans. Ce temps devrait permettre à l'UE de se doter d'un traité constitutionnel et de mieux "digérer" les dernières adhésions de la Roumanie et de la Bulgarie, pays jugés faibles à bien des égards et ne répondant pas à l'ensemble des critères attendus.
L'écart entre le discours des officiels de l'UE et la réalité se creuse davantage. Envisager l'adhésion des Balkans occidentaux comme celle des pays baltes est une erreur d'appréciation sérieuse. L'enjeu n'est pas du tout le même. Il s'agit d'ancrer les pays de l'ancienne Yougoslavie et l'Albanie dans la démocratie et d'éviter un retour des violences interethniques. Or, la perspective européenne est le meilleur moyen d'y parvenir quand bien même tout n'est pas parfait dans cette union.
La carotte de l'adhésion proposée aux gouvernements des Balkans occidentaux n'est qu'illusion. Illusion qui pourrait coûter plus cher demain qu'aujourd'hui.
A ce propos : EU to disappoint Balkan hopefuls (BBC)
3.11.06
Résultats du référendum sur la Constitution
La Commission électorale de la République de Serbie a communiqué les résultats définitifs du référendum : le taux de participation s'est élevé à 54,91% ce qui signifie que le texte a été approuvé par 53,04 % des citoyens inscrits sur les listes électorales.
Les élections législatives et vraisemblablement présidentielle devraient avoir lieu en décembre prochain.
Les élections législatives et vraisemblablement présidentielle devraient avoir lieu en décembre prochain.
30.10.06
Echec du référendum?
Le référendum pour l'adoption de la nouvelle constitution de la Serbie ressemble davantage à un échec qu'à une réussite pour le gouvernement en place. L'abstention motivée ou pas par le boycott a été très élevée alors qu'il s'agissait de l'adoption d'un texte fondamental pour l'avenir de la Serbie. Le taux de participation avoisinerait les 53% et 51,4% seulement du corps électoral se serait prononcé en faveur du texte proposé.
Le taux de participation a été plus élevé au Kosovo (90,1%) et le plus faible en Voïvodine (45,9%). Néanmoins de nombreuses irrégularités se sont produites laissant planer un doute sur la validité des résultats.
On constate donc que les citoyens de Voïvodine n'ont pas approuvé la nouvelle constitution dans la mesure où ils considèrent qu'elle ne répond pas à leurs aspirations à l'autonomie. La question de l'autonomie n'est d'ailleurs pas tant une affaire entre Serbes et minorités nationales, la plus nombreuse étant la hongroise, mais une affaire intra-serbe.
Si l'enjeu de ce référendum était l'avenir du Kosovo, force est de constater qu'une grande partie des citoyens de Serbie ne l'ont pas vécu comme tel.
Le taux de participation a été plus élevé au Kosovo (90,1%) et le plus faible en Voïvodine (45,9%). Néanmoins de nombreuses irrégularités se sont produites laissant planer un doute sur la validité des résultats.
On constate donc que les citoyens de Voïvodine n'ont pas approuvé la nouvelle constitution dans la mesure où ils considèrent qu'elle ne répond pas à leurs aspirations à l'autonomie. La question de l'autonomie n'est d'ailleurs pas tant une affaire entre Serbes et minorités nationales, la plus nombreuse étant la hongroise, mais une affaire intra-serbe.
Si l'enjeu de ce référendum était l'avenir du Kosovo, force est de constater qu'une grande partie des citoyens de Serbie ne l'ont pas vécu comme tel.
29.9.06
Nouvelle constitution en vue en Serbie ?
En 2000, l'Opposition démocratique de Serbie avait fait du changement de la constitution l'une de ses priorités. Elle aurait dû être changée dans les six mois après leur arrivée au pouvoir selon leur programme électoral. Pourtant une fois aux affaires, l'Opposition démocratique de Serbie n'a guère montré de volonté pour adopter un nouveau texte fondamental qui aurait remplacé celui qui avait été promulgué en septembre 1990.
Comme par enchantement, alors que les travaux de la commission parlementaire sur les questions constitutionnelles avaient été stoppés en l'absence du Parti démocrate qui boycottait les travaux parlementaires, la procédure s'est emballée. Pour quelle raison?
Principalement pour renforcer la position de la Serbie dans les négociations conduites par l'ONU sur le statut futur du Kosovo.
En effet, en indiquant dans le préambule de la nouvelle constitution que le Kosovo fait partie de la Serbie et dans l'espoir que le texte soit approuvé à l'unanimité, le gouvernement de Vojislav Kostunica compte se doter d'un élément supplémentaire pour entraver le chemin menant à l'indépendance du Kosovo. Ainsi, le Kosovo sera considéré comme un territoire occupé en cas de proclamation de l'indépendance de cette région.
Les négociations pour finaliser le texte constitutionnel ne se sont pas déroulées dans la plus grande transparence. Adopte-t-on un texte d'une telle nature dans la précipitation et surtout sans débat public?
Néanmoins, le nouveau texte fondamental qui sera adopté probablement par l'Assemblée de Serbie le samedi 30 septembre 2006 devra être validé par les citoyens dans le cadre d'un référendum qui pourrait se tenir rapidement : à la fin du mois d'octobre ou au début du mois de novembre. Plus de la moitié des électeurs inscrits devront avoir voté pour que le référendum aboutisse. A ce jour, il n'est pas certain qu'il y ait une aussi forte participation.
De surcroît, cette constitution est élaborée alors que la Cour constitutionnelle du pays ne fonctionne pas pour diverses raisons (elle ne compte que 7 juges au lieu des 9 prévus).
Comme par enchantement, alors que les travaux de la commission parlementaire sur les questions constitutionnelles avaient été stoppés en l'absence du Parti démocrate qui boycottait les travaux parlementaires, la procédure s'est emballée. Pour quelle raison?
Principalement pour renforcer la position de la Serbie dans les négociations conduites par l'ONU sur le statut futur du Kosovo.
En effet, en indiquant dans le préambule de la nouvelle constitution que le Kosovo fait partie de la Serbie et dans l'espoir que le texte soit approuvé à l'unanimité, le gouvernement de Vojislav Kostunica compte se doter d'un élément supplémentaire pour entraver le chemin menant à l'indépendance du Kosovo. Ainsi, le Kosovo sera considéré comme un territoire occupé en cas de proclamation de l'indépendance de cette région.
Les négociations pour finaliser le texte constitutionnel ne se sont pas déroulées dans la plus grande transparence. Adopte-t-on un texte d'une telle nature dans la précipitation et surtout sans débat public?
Néanmoins, le nouveau texte fondamental qui sera adopté probablement par l'Assemblée de Serbie le samedi 30 septembre 2006 devra être validé par les citoyens dans le cadre d'un référendum qui pourrait se tenir rapidement : à la fin du mois d'octobre ou au début du mois de novembre. Plus de la moitié des électeurs inscrits devront avoir voté pour que le référendum aboutisse. A ce jour, il n'est pas certain qu'il y ait une aussi forte participation.
De surcroît, cette constitution est élaborée alors que la Cour constitutionnelle du pays ne fonctionne pas pour diverses raisons (elle ne compte que 7 juges au lieu des 9 prévus).
2.7.06
Kostunica et ses marchandages avec les socialistes de Milosevic
Le procureur Mioljub Vitorevic qui avait conclu à un crime d'Etat lors de son réquisitoire contre les auteurs de l'assassinat de l'ancien président serbe, Ivan Stambolic (en août 2000) mais aussi à propos des tentatives d'assassinat de Vuk Draskovic, chef du Mouvement serbe du renouveau (SPO).
Les socialistes auraient conditionné leur soutien au gouvernement de Vojislav Kostunica, remanié récemment, contre la non-reconduction du mandat de ce procureur qui avait clairement établi les liens entre Slobodan Milosevic, son épouse Mirjana Markovic d'une part et les membres des services de sécurité ayant organisé les assassinats politiques en question d'autre part.
Les auteurs de l'assassinat d'Ivan Stambolic ont été condamnés à 40 ans de prison. L'ancien chef des Services de sécurité, Radomir Markovic, a été condamné pour sa part à 15 ans de prison. Cette condamnation a été confirmée par la Cour suprême de Serbie le 14 juin 2006. Consécutivement, le président de Serbie, Boris Tadic, s'est interrogé s'il y avait matière à engagé des poursuites contre les partis politiques et les individus qui gouvernaient la Serbie au moment des faits incriminés.
La condamnation pose la question de la responsabilité du Parti socialiste de Serbie et de son ancien président qui était l'instigateur des assassinats politiques. Se trouve également posé la question des Services de sécurité serbes qui n'ont pas été suffisamment purgés au moment des changements politiques en Serbie après octobre 2000.
Les socialistes ont toujours Slobodan Milosevic comme président. Ils ne souhaitent pas le remplacer même décédé.
Le Parti démocrate de Serbie (DSS) de Vojislav Kostunica une nouvelle fois montre combien il ne souhaite pas rompre avec certains aspects de la politique de Milosevic.
Les socialistes auraient conditionné leur soutien au gouvernement de Vojislav Kostunica, remanié récemment, contre la non-reconduction du mandat de ce procureur qui avait clairement établi les liens entre Slobodan Milosevic, son épouse Mirjana Markovic d'une part et les membres des services de sécurité ayant organisé les assassinats politiques en question d'autre part.
Les auteurs de l'assassinat d'Ivan Stambolic ont été condamnés à 40 ans de prison. L'ancien chef des Services de sécurité, Radomir Markovic, a été condamné pour sa part à 15 ans de prison. Cette condamnation a été confirmée par la Cour suprême de Serbie le 14 juin 2006. Consécutivement, le président de Serbie, Boris Tadic, s'est interrogé s'il y avait matière à engagé des poursuites contre les partis politiques et les individus qui gouvernaient la Serbie au moment des faits incriminés.
La condamnation pose la question de la responsabilité du Parti socialiste de Serbie et de son ancien président qui était l'instigateur des assassinats politiques. Se trouve également posé la question des Services de sécurité serbes qui n'ont pas été suffisamment purgés au moment des changements politiques en Serbie après octobre 2000.
Les socialistes ont toujours Slobodan Milosevic comme président. Ils ne souhaitent pas le remplacer même décédé.
Le Parti démocrate de Serbie (DSS) de Vojislav Kostunica une nouvelle fois montre combien il ne souhaite pas rompre avec certains aspects de la politique de Milosevic.
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