On peut regretter qu'il faille des événements dramatiques pour que des acteurs politiques et sociaux, ou les citoyens en général, prennent conscience de certains phénomènes négatifs, comme celui de la violence.
Le 17 septembre dernier, des supporters de Toulouse assis à la terrasse d'un café dans le centre de Belgrade ont été violemment agressés par une trentaine de personnes munies pour certaines de battes de base-ball. Brice Taton, 28 ans, a été gravement blessé lors de cette attaque. Opéré à deux reprises, il n'a pu être sauvé. Il est décédé hier matin.
Cet évènement tragique s'est produit quelques jours avant que ne se déroule la Gay Pride qui finalement a été annulée pour des raisons de sécurité, des groupes nationalistes extrémistes ayant menacé de s'en prendre aux participants du défilé. Il révèle avec acuité que le pays n'a pas pris la mesure du danger que représente ces différents groupes extrémistes (Obraz, Nacionalni stroj, Srpski narodni pokret 1389, etc.) xénophobes et homophobes. Le problème est pourtant connu depuis plusieurs années. Un rapport de la police remis aux députés du parlement de la province de Voïvodine en 2005 établissait une liste de ces organisations néonazies et nationalistes extrémistes. Le rapport précisait que l'ensemble de ces organisations se retrouvaient autour du rejet de l'Occident et des valeurs libérales. Ces groupes sont caractérisés également par leur nationalisme, l'homophobie, l'antisémitisme et leur attachement à Radovan Karadžić et Ratko Mladić.
Ce mercredi a été décrété jour de deuil par les autorités locales de Belgrade. Un rassemblement à la mémoire de Brice Taton doit avoir lieu aujourd'hui à 11h30 sur la place de la République dans le centre de la capitale serbe. Une marche contre la violence est également prévue jeudi 1er octobre afin de montrer que la Serbie est "civique, européenne et tolérante".
Les autorités politiques ont promis de réagir avec fermeté. On verra rapidement jusqu'où elles sont prêtes à aller. Ce drame a suscité une vive émotion en Serbie. Nombre de citoyens attendent une réponse concrète du gouvernement.
30.9.09
10.7.09
Les massacres de Srebrenica
Le 11 juillet 1995, la ville de Srebrenica tombe dans les mains des soldats de l'Armée de la Republika Srpska, sans que les unités de l'armée bosniaque (28e division), fort peu armées il est vrai, ne résistent. Depuis le 6 juillet, les forces armées serbes avaient pris le contrôle du sud de l'enclave qui était depuis le printemps 1993 une zone de sécurité de l'ONU. Le 11 juillet, la population de Srebrenica (40 000 personnes environ) se scinde en deux groupes : face à l'avancée des soldats serbes dans la ville, un groupe de 20 000 à 25 000 personnes, comprenant principalement des femmes, des enfants et des vieillards ainsi que des hommes n'ayant pas voulu se séparer de leur famille, prend la direction de la base de la FORPRONU (Dutchbat 3) tenue par des soldats néerlandais et située à Potočari au nord-est de la zone de sécurité sur la route de Bratunac dans une petite zone industrielle. Les soldats néelerlandais n'acceptent que 5 000 personnes à l'intérieur de la dite base et maintiennent 20 000 personnes environ à l'extérieur. Les deux groupes sont séparés et les personnes de chacun des points de regroupement ne peuvent communiquer entre elles. Un autre groupe de 10 000 à 12 000 personnes, conduit par les autorités politiques et militaires locales, prend la direction de Tuzla dans une longue colonne humaine de plusieurs kilomètres.
Le 12 juillet, des soldats serbes investissent la base Dutchbat 3 et organisent l'évacuation des réfugiés avec des dizaines de bus face à des casques bleus impuissants. Les hommes en âge de combattre (entre 16 et 65 ans) sont séparés des femmes et des enfants, conduits à des interrogatoires pour certains, puis évacués vers la ville de Bratunac. Les femmes et les enfants sont évacués jusqu'au village de Tišča en zone serbe. Il leur reste à parcourir encore 7 kilomètres à pied avant de rejoindre Kladanj, en territoire contrôlé par l'armée bosniaque. L’évacuation est achevée le 13 juillet en fin d’après midi
La longue colonne qui prit la direction de Tuzla fut repérée et attaquée dans la soirée du 11 juillet à coups d'obus et de tirs d'artillerie. Seule la tête de la colonne échappa à l'attaque des forces armées serbes. Pris en embuscade, des milliers d'hommes, pour certains blessés, n'eurent pas d'autre choix que de se rendre aux soldats serbes stationnés le long de la route asphaltée dans les environs de Kamenica. Une partie d'entre eux furent emmenés jusqu'au terrain de football de la localité de Nova Kasaba. Plusieurs centaines de personnes périrent lors de l'embuscade en question. Le 13 juillet, entre 500 et 2000 prisonniers selon les sources formèrent une colonne sur plusieurs centaines de mètres et furent conduits de Nova Kasaba à Kravica. Là, ils furent enfermés dans trois hangars et furent exécutés à la grenade et à la mitraillette. D'autres prisonniers furent conduits plus au nord dans les environs de Zvornik. On leur indiqua qu'ils seraient transférés en vue d’un échange Entre 1000 et 1500 furent enfermés dans le gymnase de la localité de Grbavci. Ils furent ensuite transportés par camions dans un champ et exécutés. D'autres furent transportés dans la localité de Dulić où ils furent également exécutés aux abords d'un barrage situé près de Petkovci, les mains liés derrière le dos. Le 16 juillet 1995, des bus remplis d’hommes musulmans arrivent de l'école de Pilica dans la ferme collective de la même localité, dans la municipalité de Zvornik. Les Bosniaques musulmans sont tués par groupe de 10 dans un champ adjacent aux bâtiments de la ferme. On dénombre 1 200 victimes environ.
Les victimes sont enfouies dans des fosses communes creusées aux abords des lieux d'exécution. A l'automne 1995, au moment des accords de Dayton, les autorités de la Republika Srpska lancent une opération visant à camoufler les traces des crimes commis. Les cadavres sont alors déversés dans de multiples fosses communes à travers la Bosnie orientale.
Au mémorial de Potočari reposent 3 749 personnes identifiées au 11 juillet 2009.
Le 12 juillet, des soldats serbes investissent la base Dutchbat 3 et organisent l'évacuation des réfugiés avec des dizaines de bus face à des casques bleus impuissants. Les hommes en âge de combattre (entre 16 et 65 ans) sont séparés des femmes et des enfants, conduits à des interrogatoires pour certains, puis évacués vers la ville de Bratunac. Les femmes et les enfants sont évacués jusqu'au village de Tišča en zone serbe. Il leur reste à parcourir encore 7 kilomètres à pied avant de rejoindre Kladanj, en territoire contrôlé par l'armée bosniaque. L’évacuation est achevée le 13 juillet en fin d’après midi
La longue colonne qui prit la direction de Tuzla fut repérée et attaquée dans la soirée du 11 juillet à coups d'obus et de tirs d'artillerie. Seule la tête de la colonne échappa à l'attaque des forces armées serbes. Pris en embuscade, des milliers d'hommes, pour certains blessés, n'eurent pas d'autre choix que de se rendre aux soldats serbes stationnés le long de la route asphaltée dans les environs de Kamenica. Une partie d'entre eux furent emmenés jusqu'au terrain de football de la localité de Nova Kasaba. Plusieurs centaines de personnes périrent lors de l'embuscade en question. Le 13 juillet, entre 500 et 2000 prisonniers selon les sources formèrent une colonne sur plusieurs centaines de mètres et furent conduits de Nova Kasaba à Kravica. Là, ils furent enfermés dans trois hangars et furent exécutés à la grenade et à la mitraillette. D'autres prisonniers furent conduits plus au nord dans les environs de Zvornik. On leur indiqua qu'ils seraient transférés en vue d’un échange Entre 1000 et 1500 furent enfermés dans le gymnase de la localité de Grbavci. Ils furent ensuite transportés par camions dans un champ et exécutés. D'autres furent transportés dans la localité de Dulić où ils furent également exécutés aux abords d'un barrage situé près de Petkovci, les mains liés derrière le dos. Le 16 juillet 1995, des bus remplis d’hommes musulmans arrivent de l'école de Pilica dans la ferme collective de la même localité, dans la municipalité de Zvornik. Les Bosniaques musulmans sont tués par groupe de 10 dans un champ adjacent aux bâtiments de la ferme. On dénombre 1 200 victimes environ.
Les victimes sont enfouies dans des fosses communes creusées aux abords des lieux d'exécution. A l'automne 1995, au moment des accords de Dayton, les autorités de la Republika Srpska lancent une opération visant à camoufler les traces des crimes commis. Les cadavres sont alors déversés dans de multiples fosses communes à travers la Bosnie orientale.
Au mémorial de Potočari reposent 3 749 personnes identifiées au 11 juillet 2009.
22.5.09
Les Pays-Bas toujours intransigeants à l'égard de la Serbie
Bien qu'ayant réalisé des progrès sur la voie de l'adhésion à l'Union européenne, la Serbie se trouve confrontée à un blocage lié à la position intransigeante des Pays-Bas. En effet, ces derniers s'opposent à la mise en application de l'Accord de stabilisation et d'association (ASA) conclu entre l'UE et la Serbie dans la mesure où les autorités de Belgrade n'ont toujours pas livré Ratko Mladić. Non seulement la Serbie a livré au TPIY Radovan Karadzić en juillet 2008 mais elle a transféré à la Haye 44 des 46 personnes inculpées par le TPIY et relevant de ses compétences. Aujourd'hui, le discours sur l'absence de coopération entre la Serbie et le TPIY ne tient plus. Si la Serbie doit remplir ses obligations internationales et livrer les deux derniers fugitifs, doit-elle pour autant payer les erreurs commises par le bataillon néerlandais de l'ONU qui stationnait autour de Srebrenica au moment de la conquête de la ville par les forces armées serbes de Bosnie-Herzégovine en juillet 1995? En 2002, un rapport officiel avait mis en exergue le manque d'initiative des soldats néerlandais lors de la chute de Srebrenica et de l'expulsion de sa population et avait provoqué la démission du gouvernement de Wim Kok.
L’ASA que le précédent gouvernement serbe de Vojislav Koštunica n’avait pas voulu faire ratifier a été adopté par l’Assemblée nationale de Serbie le 9 septembre 2008 par 140 députés sur 250 (le Parti démocrate de Serbie et Nouvelle Serbie ayant voté contre, tandis que les radicaux (SRS) et les députés de « En avant Serbie » n’ont pas pris part au vote). Afin de souligner leur volonté de progresser dans le processus d'adhésion àl'UE, les autorités serbes ont décidé d'appliquer unilatéralement, à compter du 1er janvier 2009, les dispositions de l'ASA les concernant directement. Elles auraient également souhaité déclarer leur pays candidat à l'adhésion dès ce printemps.
Alors que les effets de la crise économique mondiale se font sentir en Serbie, il convient de consolider les changements démocratiques intervenus dans ce pays depuis la chute de Milošević en octobre 2000. L'un des moyens est d'arrimer la Serbie à l'UE mais pour ce faire, ils est nécessaire que les Pays-Bas assouplissent leur position.
L’ASA que le précédent gouvernement serbe de Vojislav Koštunica n’avait pas voulu faire ratifier a été adopté par l’Assemblée nationale de Serbie le 9 septembre 2008 par 140 députés sur 250 (le Parti démocrate de Serbie et Nouvelle Serbie ayant voté contre, tandis que les radicaux (SRS) et les députés de « En avant Serbie » n’ont pas pris part au vote). Afin de souligner leur volonté de progresser dans le processus d'adhésion àl'UE, les autorités serbes ont décidé d'appliquer unilatéralement, à compter du 1er janvier 2009, les dispositions de l'ASA les concernant directement. Elles auraient également souhaité déclarer leur pays candidat à l'adhésion dès ce printemps.
Alors que les effets de la crise économique mondiale se font sentir en Serbie, il convient de consolider les changements démocratiques intervenus dans ce pays depuis la chute de Milošević en octobre 2000. L'un des moyens est d'arrimer la Serbie à l'UE mais pour ce faire, ils est nécessaire que les Pays-Bas assouplissent leur position.
9.10.08
Le SRS et les services secrets serbes
Les dirigeants du Parti radical serbe, Vojislav Šešelj en premier lieu, se sont souvent vantés d'avoir leurs hommes au sein des services de renseignements serbes (SDB, aujourd'hui BIA). On en sait aujourd'hui un peu plus d'après les déclarations de Tomislav Nikolić qui est à la tête désormais d'un nouveau parti, le Parti progressiste serbe (Srpska napredna stranka).
En effet, Tomislav Nikolić a révélé que le député du SRS, Jadranko Vuković, était le lien entre Vojislav Šešelj et les services secrets serbes. Il aurait ainsi transmis pendant plusieurs années des informations collectées par ces services au chef du Parti radical. Selon ses propres propos, JadrankoVuković n'aurait pas été le seul informateur (Blic, 05.10.2008).
Depuis le tout début des années 1990, Vojislav Šešelj était en liaison, par un intermédiaire, avec le chef des services secrets serbes, Jovica Stanišić.
En effet, Tomislav Nikolić a révélé que le député du SRS, Jadranko Vuković, était le lien entre Vojislav Šešelj et les services secrets serbes. Il aurait ainsi transmis pendant plusieurs années des informations collectées par ces services au chef du Parti radical. Selon ses propres propos, JadrankoVuković n'aurait pas été le seul informateur (Blic, 05.10.2008).
Depuis le tout début des années 1990, Vojislav Šešelj était en liaison, par un intermédiaire, avec le chef des services secrets serbes, Jovica Stanišić.
11.9.08
Du rififi chez les radicaux
Alors que le Parti radical serbe (SRS) était jusqu'aux élections législatives de cette année le premier parti de Serbie avec 30% d'intentions de vote, il est désormais en seconde position derrière la coalition Pour la Serbie européenne (Za Evropsku Srbiju), construite autour du Parti démocrate et créditée de 41% d'intentions de vote selon un sondage réalisé en août (Blic, 04.09.2008).
L'influence du SRS ne sera plus la même après la démission de Tomislav Nikolić, vice-président du parti d'extrême-droite, désavoué par Vojislav Šešelj depuis sa cellule de Scheveningen à propos du vote en faveur de l'Accord de stabilisation et d'association avec l'Union européenne approuvé par l'Assemblée nationale mardi 9 septembre 2008. En effet, Tomislav Nikolić avait annoncé que les députés du SRS voteraient en faveur de l'ASA en échange de l'adoption d'un amendement élaboré par son groupe parlementaire.
Depuis Tomislav Nikolić a créé un nouveau groupe parlementaire dénommé "En avant, Serbie" et a réussi à attirer 18 députés (Politika, 10.09.2008). La direction du SRS s'apprête à exclure du parti les partisans de Tomislav Nikolić qui annonce désormais la formation d'un nouveau parti.
Le dénouement de la crise devrait intervenir vendredi 12 septembre lors d'une réunion de la direction (Direction centrale pariotique) du SRS composée de 101 personnes. Il est fort probable quer les dirigeants fidèles à Vojislav Šešelj obtiennent l'exclusion des membres soutenant Tomislav Nikolić.
Certains dirigeants radicaux affirment que ce sont les services secrets étrangers qui ont provoqué la crise interne afin d'affaiblir le SRS. Des purges sont donc en vue à travers le SRS qui ne sortira pas indemne de ces événements. Demain, il sera intéressant de voir de quel côté penchera Aleksandar Vučić, le secrétaire général du parti, le plus populaire des radicaux avec Tomislav Nikolić.
L'influence du SRS ne sera plus la même après la démission de Tomislav Nikolić, vice-président du parti d'extrême-droite, désavoué par Vojislav Šešelj depuis sa cellule de Scheveningen à propos du vote en faveur de l'Accord de stabilisation et d'association avec l'Union européenne approuvé par l'Assemblée nationale mardi 9 septembre 2008. En effet, Tomislav Nikolić avait annoncé que les députés du SRS voteraient en faveur de l'ASA en échange de l'adoption d'un amendement élaboré par son groupe parlementaire.
Depuis Tomislav Nikolić a créé un nouveau groupe parlementaire dénommé "En avant, Serbie" et a réussi à attirer 18 députés (Politika, 10.09.2008). La direction du SRS s'apprête à exclure du parti les partisans de Tomislav Nikolić qui annonce désormais la formation d'un nouveau parti.
Le dénouement de la crise devrait intervenir vendredi 12 septembre lors d'une réunion de la direction (Direction centrale pariotique) du SRS composée de 101 personnes. Il est fort probable quer les dirigeants fidèles à Vojislav Šešelj obtiennent l'exclusion des membres soutenant Tomislav Nikolić.
Certains dirigeants radicaux affirment que ce sont les services secrets étrangers qui ont provoqué la crise interne afin d'affaiblir le SRS. Des purges sont donc en vue à travers le SRS qui ne sortira pas indemne de ces événements. Demain, il sera intéressant de voir de quel côté penchera Aleksandar Vučić, le secrétaire général du parti, le plus populaire des radicaux avec Tomislav Nikolić.
2.8.08
La première apparition de Radovan Karadžić au TPIY
Lors de sa première apparition au TPIY, Radovan Karadžić, a décidé de se défendre seul et a demandé le délai réglementaire supplémentaire de 30 jours avant de se prononcer coupable ou non-coupable des actes qui lui sont reprochés.
En comparaison avec Slobodan Milošević et Vojislav Šešelj, Radovan Karadžić s'est montré davantage respectueux du TPIY et coopératif.
Dès sa première audition, il a porté l'attaque contre les grandes puissances et en particulier contre les Etats-Unis qui par le biais de Richard Holbrooke auraient conclu avec lui un accord visant à obtenir son retrait de la vie politique en Bosnie-Herzégovine contre la promesse ne pas être déféré au TPIY. L'accord aurait été conclu en juillet 1996 par l'entremise de Slobodan Milošević et des service secrets serbes. Florence Hartmann détaille les négociations entre R. Holbrooke et les autorités de Belgrade dans son livre, Paix et châtiment : les guerres secrètes de la politique et de la justice internationales, (Paris, Flammarion, 2007), aux pages 178-180.
L'accord a été confirmé par Aleksa Buha, ancien ministre des affaires étrangères de la Republika Srpska qui a assisté aux négociations à Belgrade en compagnie de Momčilo Krajišnik pour la RS. Etait présent également, selon lui, Milan Milutinović futur président de la Serbie. L'objectif était d'obtenir le retrait de Karadžić de la vie politique, sans quoi, son parti, le Parti démocratique serbe (SDS) aurait été interdit et n'aurait pas pu participer aux prochaines échéances électorales (voir Večernje Novosti du 1er mars 2004 et l'édition du 3 mars 2004).
Radovan Karadžić a probablement les moyens de mettre les grandes puissances face à leurs contradictions, en particulier les Etats-Unis et la France. Néanmoins, il devra apporter des preuves matérielles pour étayer ses affirmations.
Mais la question de l'accord si elle peut embarrasser les Etats-Unis, ne permet pas d'effacer l'acte d'accusation qui pèse contre Karadžić.
Concernant les massacres de Srebrenica, des témoignages d'anciens officiers de l'armée serbe ou de dirigeants locaux du SDS, ont déjà souligné l'implication de Radovan Karadžić :
- un premier témoin, officier de l'armée de la RS, témoignant sous protection (témoin B-1804), et la plupart du temps à huis clos, a évoqué un ordre de Radovan Karadžić du 17 mars 1995 destiné au Corps de la Drina dans le quel il est dit : Par des opérations de combat planifiées et bien conçues, créer une situation insoutenable d'insécurité totale, ne laissant aucun espoir de survie, ni de vie pour les habitants de Srebrenica et de Zepa." (source : http://www.un.org/icty/transf54/040211FE.htm)
- un autre officier serbe a apporté un témoignage intéressant à cet égard les 22 et 23 mai 2003, puis le 2 juillet 2003. Il témoignait sous protection (B-161) : il a précisé qu'un ordre de faire disparaître 6 900 personnes avait été donné par un "certain Beara", "adjoint au chef de la sécurité au grand état-major de la Republika Srpska" (source : http://www.un.org/icty/transf54/030522FE.htm). Ljubomir Beara était le chef du service de sécurité auprès de l'Etat-major de l'armée de la RS.
- le témoignage du capitaine, Momir Nikolić, officier de renseignement de la Brigade de Bratunac, apporte également des informations intéressantes.
- les témoignages de Miroslav Deronjić, dirigeant du SDS, lui-même condamné à 10 ans de prison par le TPIY et décédé d'un cancer dans une prison suédoise en 2007, dans les différents procès où les massacres de Srebrenica ont été abordés sont précieux. Alors qu'il posait une question à Radovan Karadžić sur le sort des prisonniers de Srebrenica conduits dans la municipalité de Bratunac, le président de la RS lui répondit que quelqu'un arriverait bientôt avec les instructions concernant les prisonniers. Ljubomir Beara était cet homme qui lui indiqua que l'ordre venant du sommet était d'éliminer tous les prisonniers.
En comparaison avec Slobodan Milošević et Vojislav Šešelj, Radovan Karadžić s'est montré davantage respectueux du TPIY et coopératif.
Dès sa première audition, il a porté l'attaque contre les grandes puissances et en particulier contre les Etats-Unis qui par le biais de Richard Holbrooke auraient conclu avec lui un accord visant à obtenir son retrait de la vie politique en Bosnie-Herzégovine contre la promesse ne pas être déféré au TPIY. L'accord aurait été conclu en juillet 1996 par l'entremise de Slobodan Milošević et des service secrets serbes. Florence Hartmann détaille les négociations entre R. Holbrooke et les autorités de Belgrade dans son livre, Paix et châtiment : les guerres secrètes de la politique et de la justice internationales, (Paris, Flammarion, 2007), aux pages 178-180.
L'accord a été confirmé par Aleksa Buha, ancien ministre des affaires étrangères de la Republika Srpska qui a assisté aux négociations à Belgrade en compagnie de Momčilo Krajišnik pour la RS. Etait présent également, selon lui, Milan Milutinović futur président de la Serbie. L'objectif était d'obtenir le retrait de Karadžić de la vie politique, sans quoi, son parti, le Parti démocratique serbe (SDS) aurait été interdit et n'aurait pas pu participer aux prochaines échéances électorales (voir Večernje Novosti du 1er mars 2004 et l'édition du 3 mars 2004).
Radovan Karadžić a probablement les moyens de mettre les grandes puissances face à leurs contradictions, en particulier les Etats-Unis et la France. Néanmoins, il devra apporter des preuves matérielles pour étayer ses affirmations.
Mais la question de l'accord si elle peut embarrasser les Etats-Unis, ne permet pas d'effacer l'acte d'accusation qui pèse contre Karadžić.
Concernant les massacres de Srebrenica, des témoignages d'anciens officiers de l'armée serbe ou de dirigeants locaux du SDS, ont déjà souligné l'implication de Radovan Karadžić :
- un premier témoin, officier de l'armée de la RS, témoignant sous protection (témoin B-1804), et la plupart du temps à huis clos, a évoqué un ordre de Radovan Karadžić du 17 mars 1995 destiné au Corps de la Drina dans le quel il est dit : Par des opérations de combat planifiées et bien conçues, créer une situation insoutenable d'insécurité totale, ne laissant aucun espoir de survie, ni de vie pour les habitants de Srebrenica et de Zepa." (source : http://www.un.org/icty/transf54/040211FE.htm)
- un autre officier serbe a apporté un témoignage intéressant à cet égard les 22 et 23 mai 2003, puis le 2 juillet 2003. Il témoignait sous protection (B-161) : il a précisé qu'un ordre de faire disparaître 6 900 personnes avait été donné par un "certain Beara", "adjoint au chef de la sécurité au grand état-major de la Republika Srpska" (source : http://www.un.org/icty/transf54/030522FE.htm). Ljubomir Beara était le chef du service de sécurité auprès de l'Etat-major de l'armée de la RS.
- le témoignage du capitaine, Momir Nikolić, officier de renseignement de la Brigade de Bratunac, apporte également des informations intéressantes.
- les témoignages de Miroslav Deronjić, dirigeant du SDS, lui-même condamné à 10 ans de prison par le TPIY et décédé d'un cancer dans une prison suédoise en 2007, dans les différents procès où les massacres de Srebrenica ont été abordés sont précieux. Alors qu'il posait une question à Radovan Karadžić sur le sort des prisonniers de Srebrenica conduits dans la municipalité de Bratunac, le président de la RS lui répondit que quelqu'un arriverait bientôt avec les instructions concernant les prisonniers. Ljubomir Beara était cet homme qui lui indiqua que l'ordre venant du sommet était d'éliminer tous les prisonniers.
30.7.08
Echec des radicaux à mobiliser en faveur de Radovan Karadžić
Le rassemblement sur la Place de la République à Belgrade, organisé le mardi 29 juillet dernier par le Parti radical serbe, est un échec. Entre 15 000 et 20 000 personnes étaient présentes. Cela est bien loin des dizaines de milliers de personnes annoncées par les radicaux. Belgrade a connu des meetings bien plus imposants ces dernières années. Pour rester en 2008, dans un autre contexte politique, 250 000 personnes s'étaient déplacées dans le centre de la capitale pour dénoncer l'indépendance du Kosovo. Lors des obsèques de Zoran Đinđić le samedi 15 mars 2003, plusieurs centaines de milliers de personnes avaient accompagné le cortège dans les rue de Belgrade...
Force est de constater que Radovan Karadžić ne mobilise pas beaucoup de citoyens serbes. Le SRS exploite l'arrestation de Radovan Karadžić pour exister car il a de nouveau échoué à constituer un gouvernement, les socialistes leur ayant fait défaut. Il aurait pu se consoler avec la gestion de la ville de Belgrade, mais là aussi les alliances se sont retournées et les démocrates ont pu préserver leurs positions à Belgrade grâce à l'appui des socialistes (SPS).
Les radicaux dénoncent la prétendue dictature du président serbe, Boris Tadić. Pourtant, ce dernier a été démocratiquement élu en février 2008. De même, la coalition pour la Serbie européenne, constituée autour du Parti démocrate, est arrivée en tête aux élections législatives. Elle est parvenue à s'entendre avec le Parti socialiste de Serbie pour former une majorité à l'Assemblée nationale.
D'aucuns voudraient faire croire que le pays connaît une crise politique. La Serbie a un gouvernement reposant sur une majorité claire. Certes, le parlement ne fonctionne pas normalement en raison de l'obstruction des radicaux. Les députés du Parti radical serbe, du Parti démocrate de Serbie et de Nouvelle Serbie souhaitent obtenir la démission de la présidente du parlement, Slavica Đukić - Dejanović (SPS). Lorsque le parlement reprendra ses débats, la ratification de l'Accord de stabilisation et d'association avec l'UE sera à l'ordre du jour.
Force est de constater que Radovan Karadžić ne mobilise pas beaucoup de citoyens serbes. Le SRS exploite l'arrestation de Radovan Karadžić pour exister car il a de nouveau échoué à constituer un gouvernement, les socialistes leur ayant fait défaut. Il aurait pu se consoler avec la gestion de la ville de Belgrade, mais là aussi les alliances se sont retournées et les démocrates ont pu préserver leurs positions à Belgrade grâce à l'appui des socialistes (SPS).
Les radicaux dénoncent la prétendue dictature du président serbe, Boris Tadić. Pourtant, ce dernier a été démocratiquement élu en février 2008. De même, la coalition pour la Serbie européenne, constituée autour du Parti démocrate, est arrivée en tête aux élections législatives. Elle est parvenue à s'entendre avec le Parti socialiste de Serbie pour former une majorité à l'Assemblée nationale.
D'aucuns voudraient faire croire que le pays connaît une crise politique. La Serbie a un gouvernement reposant sur une majorité claire. Certes, le parlement ne fonctionne pas normalement en raison de l'obstruction des radicaux. Les députés du Parti radical serbe, du Parti démocrate de Serbie et de Nouvelle Serbie souhaitent obtenir la démission de la présidente du parlement, Slavica Đukić - Dejanović (SPS). Lorsque le parlement reprendra ses débats, la ratification de l'Accord de stabilisation et d'association avec l'UE sera à l'ordre du jour.
29.7.08
Manifestation des nationalistes, mardi 29 juillet 2008
Selon le quotidien Danas, le parti radical serbe (SRS) n'a pas déclaré auprès du ministère de l'Intérieur le rassemblement et la manifestation prévus ce soir. Selon la loi, les manifestations doivent être déclarées 48 heures avant leur déroulement.
La manifestation de ce soir sera en tout cas un test sur le degré de mobilisation des nationalistes en Serbie.
La manifestation de ce soir sera en tout cas un test sur le degré de mobilisation des nationalistes en Serbie.
27.7.08
Menaces du Parti radical serbe
Sur son site Internet, le Parti radical serbe (SRS) indique que des rassemblements de protestation quotidiens contre l'arrestation de Radovan Karadžić ont lieu à 17 heures sur la Place de la République à Belgrade. Pour autant, le SRS déclare ne pas être l'organisateur de ces rassemblements qui n'ont pas attiré les foules jusqu'à ce jour.
Le SRS appelle désormais à un "rassemblement panserbe contre le régime félon et dictatorial de Boris Tadić" le mardi 29 juillet prochain à 19 heures.
Le parti de Vojislav Šešelj s'est montré menaçant lors de sa conférence de presse de vendredi dernier à travers l'intervention de sa dirigeante Vjerica Radeta : (...) Nous rappelons à Boris Tadic, le dictateur jaune que j'appelle bien volontiers Boris Broz, car il se comporte comme cela, que la trahison en Serbie ne se pardonne jamais. Nous ne menaçons pas, mais nous signalons la malédiction qui a accompagné tous les traîtres dans l'histoire serbe. Nous rappelons la fin de la dynastie des Obrenović et je dirais aux tenants du pouvoir actuels que tous n'auront peut-être pas la chance de Zoran Đinđić car Dieu punit jusqu'à la septième génération, et selon certains avis, jusqu'à la onzième, et il faudrait qu'ils en tiennent compte. (...).
Le Roi Alexandre Obrenović et son épouse Draga Mašin ont été assassinés sauvagement par des conspirateurs issus des rangs de l'armée serbe en 1903. Zoran Đinđić a été assassiné en mars 2003. Vjerica Radeta et la direction politique du SRS souhaitent-elles le même destin à Boris Tadić?
Les propos de Vjerica Radeta ont choqué une large partie de l'opinion serbe. Des menaces de mort sont adressées quotidiennement au président serbe à son adresse électronique en particulier.
Les autres partis d'opposition, le Parti démocrate de Serbie (DSS) et Nouvelle Serbie, ont annoncé qu'ils participeraient à la manifestation du 29 juillet car ils considèrent que la coalition au pouvoir ne "conduit pas la politique de la Serbie, mais celle qui lui est imposée de l'extérieur". Vojislav Koštunica (DSS), l'ancien premier ministre, considère quant à lui que le gouvernement actuel n'a pas de courage, qu'il ne mène pas une politique autonome mais qu'il tente de répondre sans fin aux exigences de l'Union européenne et des Etats-Unis. Il a déclaré que son intention avait été de remettre en cause la légitimité du TPIY après les acquittements de Ramush Haradinaj et de Naser Orić.
Les propos de Vjerica Radeta constituent un appel explicite à la violence politique. Le SRS avait veillé à soigner son discours au cours des dernières campagnes électorales (2007 et 2008). Tout cela n'était que changement de façade. Dire que certains analystes politiques ont essayé de nous faire croire que le SRS se transformait en parti du centre-droit, à l'instar du HDZ en Croatie.
Le SRS appelle désormais à un "rassemblement panserbe contre le régime félon et dictatorial de Boris Tadić" le mardi 29 juillet prochain à 19 heures.
Le parti de Vojislav Šešelj s'est montré menaçant lors de sa conférence de presse de vendredi dernier à travers l'intervention de sa dirigeante Vjerica Radeta : (...) Nous rappelons à Boris Tadic, le dictateur jaune que j'appelle bien volontiers Boris Broz, car il se comporte comme cela, que la trahison en Serbie ne se pardonne jamais. Nous ne menaçons pas, mais nous signalons la malédiction qui a accompagné tous les traîtres dans l'histoire serbe. Nous rappelons la fin de la dynastie des Obrenović et je dirais aux tenants du pouvoir actuels que tous n'auront peut-être pas la chance de Zoran Đinđić car Dieu punit jusqu'à la septième génération, et selon certains avis, jusqu'à la onzième, et il faudrait qu'ils en tiennent compte. (...).
Le Roi Alexandre Obrenović et son épouse Draga Mašin ont été assassinés sauvagement par des conspirateurs issus des rangs de l'armée serbe en 1903. Zoran Đinđić a été assassiné en mars 2003. Vjerica Radeta et la direction politique du SRS souhaitent-elles le même destin à Boris Tadić?
Les propos de Vjerica Radeta ont choqué une large partie de l'opinion serbe. Des menaces de mort sont adressées quotidiennement au président serbe à son adresse électronique en particulier.
Les autres partis d'opposition, le Parti démocrate de Serbie (DSS) et Nouvelle Serbie, ont annoncé qu'ils participeraient à la manifestation du 29 juillet car ils considèrent que la coalition au pouvoir ne "conduit pas la politique de la Serbie, mais celle qui lui est imposée de l'extérieur". Vojislav Koštunica (DSS), l'ancien premier ministre, considère quant à lui que le gouvernement actuel n'a pas de courage, qu'il ne mène pas une politique autonome mais qu'il tente de répondre sans fin aux exigences de l'Union européenne et des Etats-Unis. Il a déclaré que son intention avait été de remettre en cause la légitimité du TPIY après les acquittements de Ramush Haradinaj et de Naser Orić.
Les propos de Vjerica Radeta constituent un appel explicite à la violence politique. Le SRS avait veillé à soigner son discours au cours des dernières campagnes électorales (2007 et 2008). Tout cela n'était que changement de façade. Dire que certains analystes politiques ont essayé de nous faire croire que le SRS se transformait en parti du centre-droit, à l'instar du HDZ en Croatie.
24.7.08
Ces intellectuels qui soutiennent Radovan Karadzic
Nombre d'intellectuels qui avaient contribué au réveil national serbe de la seconde moitié des années 1980 figurent parmi les soutiens de Radovan Karadžić. Ils se sont rassemblés dans un comité de soutien dans lequel Kosta Čavoški, professeur de droit, joue un rôle déterminant. Il est un des principaux détracteurs du TPIY parmi les intellectuels du pays. Il a en particulier publié en 1998 un ouvrage intitulé "La Haye contre la justice" (Hag protiv pravde). Parmi ses membres fondateurs, on trouve également : Smilja Avramov, Brana Crnčević, Ljuba Popović, Slobodan Rakitić, Ivana Žigon, Dragoš Kalajić, Gojko Đogo et Momo Kapor. L'écrivain serbe de Bosnie-Herzégovine, ancien ministre de l'information du gouvernemt de la Republika Srpska, Miroslav Toholj, en est le secrétaire. Il est par ailleurs l'éditeur des ouvrages littéraires de Radovan Karadžić avec sa maison d'édition Igam.
Le Comité fondé en novembre 2001 sous le nom de Comité international pour la vérité sur Radovan Karadžić s'était doté d'un site internet en mars 2002 (www.karadzic.org), disparu de la Toile depuis quelque temps. Ce comité a publié plusieurs ouvrages d'entretiens et déclarations de l'ancien leader des Serbes de Bosnie-Herzégovine, chacune des parutions ayant fait l'objet d'une conférence de presse. On relève notamment un ouvrage réunissant des "ordres de guerre" de Radovan Karadžić : Ratne naredbe dr Radovana Karadžića paru en 2003 et suivi de trois autres volumes similaires. En 2006, deux volumes réunissant entretiens, discours et déclarations entre le 12 juin 1990 et le 19 juillet 1996 ont été édités par le comité en question (Glas javnosti, 21.04.2006, p. 19). Il est intéressant de relever que l'on ne trouve pas ces livres dans le catalogue de la Bibliothèque nationale de Serbie.
Le Comité fondé en novembre 2001 sous le nom de Comité international pour la vérité sur Radovan Karadžić s'était doté d'un site internet en mars 2002 (www.karadzic.org), disparu de la Toile depuis quelque temps. Ce comité a publié plusieurs ouvrages d'entretiens et déclarations de l'ancien leader des Serbes de Bosnie-Herzégovine, chacune des parutions ayant fait l'objet d'une conférence de presse. On relève notamment un ouvrage réunissant des "ordres de guerre" de Radovan Karadžić : Ratne naredbe dr Radovana Karadžića paru en 2003 et suivi de trois autres volumes similaires. En 2006, deux volumes réunissant entretiens, discours et déclarations entre le 12 juin 1990 et le 19 juillet 1996 ont été édités par le comité en question (Glas javnosti, 21.04.2006, p. 19). Il est intéressant de relever que l'on ne trouve pas ces livres dans le catalogue de la Bibliothèque nationale de Serbie.
23.7.08
Futur procès de Radovan Karadzic
Radovan Karadzic sera probablement transféré la semaine prochaine au TPIY. Si l'on peut se réjouir de son arrestation, il faut rester prudent quand au procès à venir. Non seulement, les procès au TPIY sont une lourde machinerie mais il faudra compter sur l'absence de volonté de coopérer de Radovan Karadzic qui affirme vouloir se défendre seul puisqu'il ne reconnait pas l'autorité du tribunal, tout comme Milosevic et Seselj. Il a déjà commencé à se défendre par le silence à la Cour chargée de juger les crimes de guerre en Serbie. Les procès au TPIY sont particulièrement longs : il est difficile dans ces conditions de les suivre régulièrement. La dimension pédagogique de ces procès n'est pas facile à mettre en évidence.
Dragan Dabic alias Radovan Karadzic
On en sait désormais plus sur l'arrestation de Radovan Karadzic qui vivait sous l'identité de Dragan Dabic. Il avait même fait développer un site Internet pour la promotion de ses activités et services : http://www.psy-help-energy.com. On trouve également le site suivant : http://dragandabic.com
Sur ce dernier site, on y trouve la présentation suivante de son parcours :
"Dr. Dragan "David" Dabic was born some 60 years ago in a small Serbian village of Kovaci, near Kraljevo. As a young boy he liked to explore nearby forests and mountains, spending a lot of time on Kopaonik mountain where he tended to pick the omnipresent natural and potent medicinal herbs that grew there. As a young man he moved to Belgrade, and then on to Moscow where he graduated with a Psychiatry degree at the Moscow State University (Lomonosov). After Russia, Dr. Dabic travelled around India and Japan, after which he settled in China where he specialized in alternative medicine, with special emphasis on Chinese herbs. In mid 1990s Dr. Dabic returned back to mother Serbia for good.
Sur ce dernier site, on y trouve la présentation suivante de son parcours :
"Dr. Dragan "David" Dabic was born some 60 years ago in a small Serbian village of Kovaci, near Kraljevo. As a young boy he liked to explore nearby forests and mountains, spending a lot of time on Kopaonik mountain where he tended to pick the omnipresent natural and potent medicinal herbs that grew there. As a young man he moved to Belgrade, and then on to Moscow where he graduated with a Psychiatry degree at the Moscow State University (Lomonosov). After Russia, Dr. Dabic travelled around India and Japan, after which he settled in China where he specialized in alternative medicine, with special emphasis on Chinese herbs. In mid 1990s Dr. Dabic returned back to mother Serbia for good.
Ever since, Dr. Dabic emerged as one of the most prominent experts in the field of alternative medicine, bioenergy, and macrobiotic diet in the whole of the Balkans, and is frequent guest on many forums, seminars and symposiums (Belgrade, Novi Sad, Pancevo, Sombor, Smederevo...) dedicated to these topics.
For panel invitations or private consultations Dr. Dragan Dabic can be reached at the following contact:
healingwounds @ dragandabic . com"
22.7.08
Serbian Epics (1992)
Pour mieux appréhender la personnalité de Radovan Karadzic, je vous invite à regarder le documentaire de Pawel Pawlikowski, Serbian Epics, produit en 1992, dès que vous en aurez l'occasion. Le film était au programme du dernier Festival international du film de La Rochelle en juin-juillet 2008. Il serait utile qu'il puisse être (re)diffusé sur une chaine de TV national.
Je vous renvoie vers une présentation du réalisateur et du film par Stéphane Mas, trouvé sur la Toile : http://peauneuve.net/article.php3?id_article=68.
Dans ce film, Radovan Karadzic se présente comme le descendant du réformateur de la langue serbe au XIXe siècle, Vuk Karadzic (n'ont-ils pas le même menton !).
Je vous renvoie vers une présentation du réalisateur et du film par Stéphane Mas, trouvé sur la Toile : http://peauneuve.net/article.php3?id_article=68.
Dans ce film, Radovan Karadzic se présente comme le descendant du réformateur de la langue serbe au XIXe siècle, Vuk Karadzic (n'ont-ils pas le même menton !).
Arrestation de R. Karadzic (suite)
Selon son avocat, Svetozar Vujačić, Radovan Karadžić aurait été arrêté vendredi 18 juillet dans un bus dans la banlieue de Belgrade, entre Novi Beograd et Batajnica. On lui aurait mis un chapeau sur la tête pour qu'il ne puisse pas identifier ceux qui l'arrêtait. Il semblait donc se déplacer seul, sans garde rapprochée. La question qui se pose est de savoir depuis combien de temps se trouvait-il dans les environs de Belgrade?
Le Parti socialiste de Serbie, partenaire du Parti démocrate au sein du nouveau gouvernement, a pris hier soir ses distances en déclarant qu'il était opposé à la livraison de citoyens de Serbie au TPIY bien qu'il s'agisse d'une obligation internationale de la Serbie. Il a précisé que le ministère de l'Intérieur, conduit par son leader Ivica Dačić, n'avait pas participé à la localisation de Radovan Karadžić, ainsi qu'à son arrestation.
Cette dernière ne constituait pas une obligation internationale pour la Serbie, dont on attend qu'elle encore au TPIY encore deux fugitifs, à savoir Ratko Mladić et Goran Hadžić.
Le Parti socialiste de Serbie, partenaire du Parti démocrate au sein du nouveau gouvernement, a pris hier soir ses distances en déclarant qu'il était opposé à la livraison de citoyens de Serbie au TPIY bien qu'il s'agisse d'une obligation internationale de la Serbie. Il a précisé que le ministère de l'Intérieur, conduit par son leader Ivica Dačić, n'avait pas participé à la localisation de Radovan Karadžić, ainsi qu'à son arrestation.
Cette dernière ne constituait pas une obligation internationale pour la Serbie, dont on attend qu'elle encore au TPIY encore deux fugitifs, à savoir Ratko Mladić et Goran Hadžić.
Arrestation de Radovan Karadzic
Le Conseil pour la sécurité nationale de la République de Serbie a annoncé lundi soir que Radovan Karadzic a été arrêté. Selon l'agence Beta, l'arrestation se serait produite à Belgrade ou ses environs. On ne dispose pas encore des détails de l'opération. Selon un communiqué officiel, les forces du ministère de l'Intérieur n'auraient pas participé à l'opération.
L'arrestation de Radovan Karadzic n'était pas une obligation de la Serbie à qui l'on demandait surtout d'appréhender et de livrer au TPIY Ratko Mladic.
Cette arrestation intervient deux jours avant la visite du Procureur général du TPIY, Serge Brammertz, prévue le 23 juillet 2008.
Les autorités serbes actuelles semblent décidées à vouloir régler une fois pour toute la question de la coopération avec le TPIY qui entrave son cheminement vers l'adhésion à l'Union européenne.
L'arrestation de Radovan Karadzic n'était pas une obligation de la Serbie à qui l'on demandait surtout d'appréhender et de livrer au TPIY Ratko Mladic.
Cette arrestation intervient deux jours avant la visite du Procureur général du TPIY, Serge Brammertz, prévue le 23 juillet 2008.
Les autorités serbes actuelles semblent décidées à vouloir régler une fois pour toute la question de la coopération avec le TPIY qui entrave son cheminement vers l'adhésion à l'Union européenne.
17.5.08
Hold-up électoral ?
Les résultats des élections législatives n'ont pas encore été officiellement proclamés par la Commission électorale de la République de Serbie puisque le scrutin doit être renouvelé dans trois bureaux de votes dans les localités de Žagubica, Kraljevo et Srbica.
Cela retarde d'autant la constitution de la nouvelle assemblée.
Contre toute attente, les radicaux arrivaient en tête dans la plupart des sondages, la Coalition pro-européenne a réalisé le meilleur score avec 38,44% des voix et obtient ainsi 102 sièges à l'Assemblée de Serbie. Le Parti radical serbe se place en seconde position avec 29,36% des suffrages (soit 78 sièges), tandis que la coalition entre le Parti démocrate de Serbie et Nouvelle Serbie récolte 11,59% des voix lui donnant 30 sièges de députés.
La surprise est venue du score du Parti socialiste de Serbie qui, allié aux formations Parti des retraités unifiés de Serbie et Serbie unie, a obtenu 7,60% des suffrages et 20 sièges. Le résultat du SPS place ce parti en position d'arbitre pour la formation du futur gouvernement.
En effet, la Coalition pour la Serbie européenne ne dispose pas de la majorité absolue à l'Assemblée, il lui manque 24 sièges pour y parvenir. Or, les partis des minorités nationales et le Parti libéral démocrate n'ont pas un nombre de députés suffisant afin de permettre à cette coalition d'avoir la majorité nécessaire pour gouverner. La seule issue possible est d'établir un accord gouvernemental avec le Parti socialiste de Serbie, dirigé autrefois par Slobodan Milosevic.
N'attendant pas la proclamation officielle des résultats, ni la constitution de l'assemblée, encore moins la nomination d'un Premier ministre par le président du pays, Boris Tadic, le Parti radical serbe et le Parti démocrate de Serbie ont commencé des négociations qu'ils ont prolongé avec le Parti socialiste de Serbie sur un accord de gouvernement. Les négociations sont encore en cours mais ont bien progressé.
La logique institutionnelle voudrait que Boris Tadic nomme un Premier ministre issue de la Coalition victorieuse, à qui il reviendrait de trouver une majorité au parlement. En cas d'échec, et seulement alors, le président devrait nommer un autre chef de gouvernement susceptible d'obtenir la majorité absolue.
Vojislav Kostunica, le "légaliste", n'est pas très soucieux du respect des résultats électoraux et il se positionne déjà en futur chef du gouvernement alors que son parti n'a pas réalisé un bon score.
Cela retarde d'autant la constitution de la nouvelle assemblée.
Contre toute attente, les radicaux arrivaient en tête dans la plupart des sondages, la Coalition pro-européenne a réalisé le meilleur score avec 38,44% des voix et obtient ainsi 102 sièges à l'Assemblée de Serbie. Le Parti radical serbe se place en seconde position avec 29,36% des suffrages (soit 78 sièges), tandis que la coalition entre le Parti démocrate de Serbie et Nouvelle Serbie récolte 11,59% des voix lui donnant 30 sièges de députés.
La surprise est venue du score du Parti socialiste de Serbie qui, allié aux formations Parti des retraités unifiés de Serbie et Serbie unie, a obtenu 7,60% des suffrages et 20 sièges. Le résultat du SPS place ce parti en position d'arbitre pour la formation du futur gouvernement.
En effet, la Coalition pour la Serbie européenne ne dispose pas de la majorité absolue à l'Assemblée, il lui manque 24 sièges pour y parvenir. Or, les partis des minorités nationales et le Parti libéral démocrate n'ont pas un nombre de députés suffisant afin de permettre à cette coalition d'avoir la majorité nécessaire pour gouverner. La seule issue possible est d'établir un accord gouvernemental avec le Parti socialiste de Serbie, dirigé autrefois par Slobodan Milosevic.
N'attendant pas la proclamation officielle des résultats, ni la constitution de l'assemblée, encore moins la nomination d'un Premier ministre par le président du pays, Boris Tadic, le Parti radical serbe et le Parti démocrate de Serbie ont commencé des négociations qu'ils ont prolongé avec le Parti socialiste de Serbie sur un accord de gouvernement. Les négociations sont encore en cours mais ont bien progressé.
La logique institutionnelle voudrait que Boris Tadic nomme un Premier ministre issue de la Coalition victorieuse, à qui il reviendrait de trouver une majorité au parlement. En cas d'échec, et seulement alors, le président devrait nommer un autre chef de gouvernement susceptible d'obtenir la majorité absolue.
Vojislav Kostunica, le "légaliste", n'est pas très soucieux du respect des résultats électoraux et il se positionne déjà en futur chef du gouvernement alors que son parti n'a pas réalisé un bon score.
16.3.08
Essouflement de l'économie serbe ?
Si la Serbie a connu un taux de croissance de 7,5% en 2007, les tensions générées par l'indépendance du Kosovo et les élections parlementaires anticipées reflètant une certaine instabilité politique du pays ne sont pas pour renforcer la confiance dans l'économie serbe et les investissements étrangers. En 2007, la Serbie a atteint 70% du Produit intérieur brut qu'elle avait enregistré en 1989 ( Dnevnik, 06.01.2008, p. 21). Il lui reste encore beaucoup à faire pour rattraper son retard économique.
En 2007, le taux d'inflation s'est élevé à 10,1%. La dette extérieure s'est accrue pour atteindre 26,2 milliards de dollars - niveau de 2012 dans les prévisions de FMI - (Politika, 12.02.2008, p. A11). L'un des points faibles de l'économie serbe réside dans le déficit de son commerce extérieur qui a atteint 6,9 milliards de dollars l'année passée, soit 21,5% du PIB. Le déficit budgétaire de 50 milliards de dinars environ représente 7% du PIB en 2007.
En 2007, le taux d'inflation s'est élevé à 10,1%. La dette extérieure s'est accrue pour atteindre 26,2 milliards de dollars - niveau de 2012 dans les prévisions de FMI - (Politika, 12.02.2008, p. A11). L'un des points faibles de l'économie serbe réside dans le déficit de son commerce extérieur qui a atteint 6,9 milliards de dollars l'année passée, soit 21,5% du PIB. Le déficit budgétaire de 50 milliards de dinars environ représente 7% du PIB en 2007.
12.3.08
Mars ou le mois des commémorations
Tandis que le 9 mars 2008, Vuk Draskovic commémorait les manifestations du 9 mars 1991 sur la place de la République à Belgrade, les partisans de Milosevic commémoraient la mort de l'ancien président serbe et yougoslave le 11 mars 2008 à Pozarevac. Aujourd'hui, 12 mars 2008, le Parti démocrate, mais aussi le Parti libéral démocrate commémoraient les cinq ans de l'assassinat de Zoran Djindjic.
Tandis que Vuk Draskovic déclarait qu'il fallait "empêcher le retour des forces du passé", les dirigeants socialistes affirmaient qu'ils préserveraient la mémoire de l'ancien président serbe. Aujourd'hui, Cedomir Jovanovic (LDP) indiquait que la Serbie devait revenir sur la voie que symbolisait Zoran Djindjic en abandonnant le chemin dont Slobodan Milosevic est le symbole.
La Serbie est à la croisée des chemins. Une réponse sur le chemin qui sera emprunté par la société serbe sera apportée en mai prochain lors des élections parlementaires anticipées.
Tandis que Vuk Draskovic déclarait qu'il fallait "empêcher le retour des forces du passé", les dirigeants socialistes affirmaient qu'ils préserveraient la mémoire de l'ancien président serbe. Aujourd'hui, Cedomir Jovanovic (LDP) indiquait que la Serbie devait revenir sur la voie que symbolisait Zoran Djindjic en abandonnant le chemin dont Slobodan Milosevic est le symbole.
La Serbie est à la croisée des chemins. Une réponse sur le chemin qui sera emprunté par la société serbe sera apportée en mai prochain lors des élections parlementaires anticipées.
28.2.08
Sondage : le SRS toujours devant
Selon un sondage récent conduit par l'agence Medium Gallup à Belgrade, le Parti radical serbe est soutenu par 39% des électeurs qui se prononceraient si des élections parlementaires avaient lieu. Il améliore son score de 10 points par rapport aux résultats des élections législatives de janvier 2007.
Le Parti démocrate et le G17 plus obtiendraient ensemble 37,5% des voix contre 29,5 % en janvier 2007.
Le Parti démocrate de Serbie et Nouvelle Serbie obtiendraient 10,3% des suffrages contre 16,6% en janvier 2007.
Le Parti libéral démocrate et la Ligue des sociaux-démocrates de Voïvodine attireraient 5,4% des voix et le Parti socialiste de Serbie 3,9%.
Le pays apparaît donc divisé avec un avantage, selon ce sondage, aux partis nationalistes.
Le Parti démocrate et le G17 plus obtiendraient ensemble 37,5% des voix contre 29,5 % en janvier 2007.
Le Parti démocrate de Serbie et Nouvelle Serbie obtiendraient 10,3% des suffrages contre 16,6% en janvier 2007.
Le Parti libéral démocrate et la Ligue des sociaux-démocrates de Voïvodine attireraient 5,4% des voix et le Parti socialiste de Serbie 3,9%.
Le pays apparaît donc divisé avec un avantage, selon ce sondage, aux partis nationalistes.
Où va la Serbie ?
Tandis que Vojislav Kostunica déclare le 27 février 2008 à Russia Today que la Serbie ne peut entrer dans l'Union européenne qu'avec le Kosovo dans ses frontières, le président serbe Boris Tadic déclare dans un entretien à El Pais paru le 28 février que la Serbie ne renoncera pas à l'adhésion à l'Union européenne. Tandis que le chef du gouvernement pense que la Serbie ne doit pas normaliser ses relations avec les pays qui ont reconnu l'indépendance du Kosovo, le vice-premier ministre chargé des questions européennes, Bozidar Djelic, et Mladjan Dinkic, le ministre de l'économie, estiment que l'auto-isolement de la Serbie est une mauvaise solution.
Vojislav Kostunica est d'une mauvaise foi lorsqu'il précise à Russia Today : "Serbia cannot actually accept to be the only (eventually) EU member whose territorial integrity is not recognized. And it's quite clear: when our negotiations started with the EU, Serbia was recognized as a whole state, including Kosovo, and it's like that. So it's really a matter of principle, and there should be no calculations when it comes to that."
En effet, l'Accord de stabilisation et d'association avec l'Union européenne n'englobait pas le Kosovo. Or, V. Kostunica avait avalisé les négociations et le paraphage de cet ASA le 7 novembre 2007.
Comment la Serbie peut-elle avancer dans ce contexte? La question devra bien être tranchée. Vojislav Kostunica a-t-il un mandat clair de la part des citoyens serbes pour défendre une telle position? Boris Tadic a été élu début février sur l'idée que la Serbie ne devait pas renoncer à l'adhésion à l'Union européenne malgré l'issue injuste à la question du statut du Kosovo.
Vu les sérieuses divergences entre les partis de la coalition gouvernementale, une définition des objectifs stratégiques de la Serbie s'impose. De fait, il serait préférable de convoquer de nouvelles élections parlementaires pour trancher la question.
La Serbie peut-elle être l'otage du Kosovo et de ses 130 000 Serbes? S'il convient pour la Serbie d'aider les Serbes du Kosovo, le pays doit-il pour autant risquer son avenir, prendre le risque finalement de tout perdre. Les chances pour la Serbie d'améliorer sa situation économique seront d'autant plus grandes qu'elle intégrera l'Union européenne.
Vojislav Kostunica est d'une mauvaise foi lorsqu'il précise à Russia Today : "Serbia cannot actually accept to be the only (eventually) EU member whose territorial integrity is not recognized. And it's quite clear: when our negotiations started with the EU, Serbia was recognized as a whole state, including Kosovo, and it's like that. So it's really a matter of principle, and there should be no calculations when it comes to that."
En effet, l'Accord de stabilisation et d'association avec l'Union européenne n'englobait pas le Kosovo. Or, V. Kostunica avait avalisé les négociations et le paraphage de cet ASA le 7 novembre 2007.
Comment la Serbie peut-elle avancer dans ce contexte? La question devra bien être tranchée. Vojislav Kostunica a-t-il un mandat clair de la part des citoyens serbes pour défendre une telle position? Boris Tadic a été élu début février sur l'idée que la Serbie ne devait pas renoncer à l'adhésion à l'Union européenne malgré l'issue injuste à la question du statut du Kosovo.
Vu les sérieuses divergences entre les partis de la coalition gouvernementale, une définition des objectifs stratégiques de la Serbie s'impose. De fait, il serait préférable de convoquer de nouvelles élections parlementaires pour trancher la question.
La Serbie peut-elle être l'otage du Kosovo et de ses 130 000 Serbes? S'il convient pour la Serbie d'aider les Serbes du Kosovo, le pays doit-il pour autant risquer son avenir, prendre le risque finalement de tout perdre. Les chances pour la Serbie d'améliorer sa situation économique seront d'autant plus grandes qu'elle intégrera l'Union européenne.
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